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Publié par Philippe LENOIR

The Who, soit Roger Daltrey et Pete Townsend, sortent un nouveau disque. Le groupe reste l'un des acteurs majeurs de la révolution pop du Swinging London.

The Who se compose désormais de ses deux figures tutélaires, Roger Daltrey, le chanteur beuglant et Pete Townsend, le guitariste fracassant. La moitié rythmique d'un des groupes majeurs de la pop britannique, repose six pieds sous terre à force d'excès en tous genre : le taciturne bassiste John Entwistle a fait une crise cardiaque dans un hôtel de Las Vegas après un rail de coke de trop en compagnie de strip-teaseuses. Quant au démentiel batteur Keith Moon, il a été retrouvé mort dans son appartement londonien à cause d'une surdose de médicament pour lutter contre son alcoolisme. Daltrey et Townsend sont passés au travers de cette vie de rock star décadente, même s'ils n'ont pas démérité à vivre, eux aussi, à fond la caisse . A plus de 75 ans, les deux Who sortent donc un nouveau disque dans une indifférence généralisée. Eux-mêmes ne semblent d'ailleurs pas en attendre autre chose que le plaisir de les interpréter sur scène. On doit bien avouer qu'on fait partie de ceux qui n'attendent rien des Who depuis pas mal d'années.

Pour nous, la période la plus faste du quatuor anglais se situe lors de la révolution pop des sixties où il mena la fière lignée des mods en compagnie des Kinks ou des Small Faces. Dans les années 70, les ambitions de Pete Townsend feront évoluer le groupe vers l'opéra rock, tout d'abord avec Tommy, puis Quadrophenia. Ce sont de toute évidence des œuvres importantes, complexes, mais un peu trop lyriques à notre goût. Nous préférons la saveur de ces odes à la jeunesse survoltée qui fit la gloire des Who au cours de cette fameuse révolution pop du Swinging London. Leurs prestations scéniques furieuses leur permettront de se produire dans tous les festivals historiques du flower power, de Monterey à Woodstock jusqu' à l'Île de Wight. Précurseurs du punk, mais aussi des synthétiseurs et du hard rock, les Who ont peuplé notre imaginaire, tant par leurs talents d'artistes, leurs looks de dandys et leur mode de vie délirant. Voici les cinq titres que nous retenons de leur extravagante période pop, celle qui nous semble encore la plus emblématique de leur empreinte dans l'histoire du rock.

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I can't explain 1965

Il s'agit du premier single du groupe sous le nom des Who. Un titre typique de l'esprit mods dans la lignée des Kinks, le groupe phare de la scène anglaise de l'époque. La chanson possède cette légèreté acidulée, ce format pop, cette insouciance juvénile qui lance le quatuor sur les rails du succès. Déjà, Pete Townsend maîtrise ce sens de la rupture rythmique unique qui fera la réputation des Who. Efficace, mélodique, mais avec cette rage sourde qui va s'amplifier au fil des années.

My generation 1965

Les Who n'ont jamais été numéro 1 dans les charts britanniques, même avec leur titre le plus connu qui butera à la deuxième place. Cela reste néanmoins l'hymne des Mods de Carnaby Street aux plages de Brighton. Sortie peu après Satisfaction des Rolling Stones, la chanson symbolise la tension d'une jeunesse prête à renverser les vieilles institutions, quitte à se brûler les ailes. Une des phrases est restée célèbre : « J'espère mourir avant d'être vieux ! » Avec son rythme trépidant  et ses riffs de guitare, ce standard préfigure le punk. L'une des plus grandes chansons de l'histoire du rock, c'est encore une évidence.

I can see for miles 1967

Une des plus belles réussites des Who, un titre électrisant de bout en bout. Un petit bijou d'une richesse harmonique et rythmique d'une sophistication fascinante. Le chant inspiré de Roger Daltrey, la guitare survoltée de Pete Townsend et les coups de massue de Keith Moon s'accordent pour fournir un des plus beaux spécimens de power pop aux effluves psychédéliques. Townsend était persuadé d'avoir écrit le plus grand hit du groupe. Le succès commercial fut relatif, ce qui n'empêche pas le titre d'être devenu un classique.

Won't Get Fooled Again 1971

Les Who, fer de lance de la contre-culture surprennent avec ce titre désabusé qui dénonce les révolutionnaires qui trahissent et finissent corrompus. Le groupe est alors vu comme réactionnaire, se moquant des idéologies pour se vautrer dans la vie de rock stars décadentes. Pourtant, il s'agit bien d'une chanson incroyable de tension ponctuée d'un cri de rage de Daltrey qui montre à quel point la révolte est encore ancrée en lui. Les riffs de guitares, la rythmique, la mélodie, tout est étincelant. Une grande chanson vaut toujours mieux que de vains discours.

Baba O'Riley 1971

Les Who, parrains du punk, ont aussi participé au succès du hard rock dans ce titre qui possède également une ouverture aux synthétiseur et une conclusion inspirée du folklore celtique. Bref, une fusion entre modernité et tradition assez peu commune pour l'époque tout en conservant une armature heavy rock, tant dans le chant de Roger Daltrey que dans les sons de guitare saturés de Pete Townsend. Au fil du temps, le son des Who s'est enrichi, voire s'est alourdi... Néanmoins, ce titre possède encore la verve d'un groupe qui tente d'expérimenter en conservant une identité rock brut de décoffrage.

 

 

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