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Publié par Philippe LENOIR

Back in Black, le triomphe funèbre d'AC/DC, fête ses 40 ans

Back in Black d'AC/DC est forcément l'un des disques les plus mythiques de l'histoire de la pop music, d'autant qu'on est désormais certain qu'il restera à jamais le second album le plus vendu de l'histoire derrière l'indépassable Thriller de Michaël Jackson. Aujourd'hui, la musique dématérialisée se compte en nombre de clics, de vues, ce qui lui confère un statut différent dans la manière d'aborder son influence, notamment en rapport avec son succès commercial. Donc Back in Black qui pèse à la louche plus de 50 millions d'exemplaires vendus bât au poteau Dark Side Ot The Moon de Pink Floyd. C'est dire l'influence d'AC/DC dans l'histoire du rock malgré un handicap de taille: le groupe australien a longtemps été pris avec des pincettes par la critique tout en motivant des hordes de fans à travers le monde. Avec le temps qui bonifie toujours les meilleurs, le groupe s'est imposé à tous, avec un statut assez singulier d'institution populaire et culte à partir des années 2000. Encore aujourd'hui, l'annonce d'une possible dernière tournée mondiale d'AC/DC reste l'un des événements les plus attendus du rock'n'roll circus.

Back in Black, le triomphe funèbre d'AC/DC, fête ses 40 ans

Mais à la création du groupe au début des seventies, le rock se rêve en art majeur de la contre-culture, multipliant les expérimentations musicale et s'engageant dans les luttes sociétales. Pas vraiment le genre d'un groupe formé par Angus et Malcolm Young, de Bon Scott, de jeunes Écossais qui ont grandi en Australie. Autant dire de rudes gaillards ! La matrice d'AC/DC est plutôt celle du rock des pionniers qui glorifiait un mode de vie hédoniste où l'essentiel du temps est occupé par la musique, les potes, les filles, les bagnoles, l'alcool... Ce n'est pas un hasard si le guitariste du groupe Angus Young s'habille en costume de collégien anglais et reprend à son compte le walk duck de Chuck Berry. Pas d'états d'âme poétique, pas d'exégèse politique, tout juste une petite pointe de satanisme pour mieux conjurer les coups du sort. Et justement, AC/DC va en connaître un le 19 février 1980 avec la mort de Bon Scott à l'âge de 33 ans. Le charismatique chanteur se serait étouffé dans son vomi à l'arrière d'une voiture après une nuit de beuverie à Londres. Des témoignages évoquent aujourd'hui plutôt une overdose à l'héroïne, mais passons sur les détails sordides de la triste fin d'un artiste fort attachant.... Mais ce qui est sûr, c'est que la disparition du chanteur et coauteur des textes avec les frères Young, met en péril l'existence d'AC/DC qui vient pourtant de connaître son plus grand succès en 1979 avec le hit mondial Highway To Hell.

Comment survivre à la disparition d'un chanteur au style gouailleur qui personnifie autant le style du combo australien ? De plus, le début des années 80 sonne le déclin des pionniers du hard rock et du heavy metal, que ce soit Led Zeppelin, Black Sabbath ou Deep Purple ringardisés par le punk. Et les charts mondiaux sont dominés désormais par le disco, la new wave et le reggae. Angus et Malcolm Young ne se démontent pas pour autant, car ils sont certains qu'AC/DC reste un sacré bon groupe de rock'n'roll. Point à la ligne ! Quelques semaines après la disparition de Bon Scott, les Young décident de recruter un nouveau chanteur. Ce sera Brian Johnson, frontman du groupe Geordie. Angus Young dira plus tard que le nom de Johnson a atterri dans ses oreilles par Bon Scott en personne qui lui aurait dit qu'il aimait son style. Pourtant, la voix suraiguë de Brian Johnson ne colle pas vraiment à celle du chanteur originel. Sans parler de son absence de look et d'attitude qui dénote avec la malice goguenarde de Scott. Mais si tous les indicateurs sont au rouge, AC/DC s'envole aux Bahamas avec son nouveau braillard en chef pour enregistrer ce qui va devenir son plus gros succès commercial, mais aussi l'un de ses meilleurs disques.

Car Back in Black s'inscrit dans le panthéon du rock bien au delà des ses multiples certifications de platine. Produit par Mutt Lange, déjà aux manettes de l'album précédent Highway To Hell, le disque collectionne quelques-uns des plus gros standards d'AC/DC, des hits qui permettent au groupe de squatter les charts mondiaux et de pulvériser les records de vente. Mais, avant tout, dans la culture du 33-Tours, c'est bien évidemment la pochette que l'on retient en premier: ce noir profond où se détache en relief le nom du groupe et le titre de l'album. La marque du deuil, même si le groupe comme toujours ne s'épanche, ni dans les états d'âme, ni la métaphysique. Une chanson ironiquement intitulée Have A Drink Of Me est le seul hommage, si l'on peut dire à Bon Scott. Car Back in Black est surtout du pur AC/DC, ce hard rock jouissif inspiré du boogie rock, du heavy metal et de la pop avec cette faculté à créer des riffs de guitare de légende, de bastonner des rythmiques de folie... Mais le choc, c'est vraiment la voix étranglée de Johnson qui hurle les textes avec une tension nouvelle et plutôt électrisante. Certains critiqueront la roublardise du groupe à façonner une recette à succès avec des chansons-hymnes pour stades en folie. Un peu vrai, mais le rock'n'roll n'est-il pas un moyen de communier, de secouer la tête et de taper du pied en rythme !

Et dans le cas présent,on parle quand même de pépites comme le lugubre Hell's Bells qui sonne le tocsin, l'énorme Back in Black avec son riff d'ouverture légendaire, le trépidant Shoot To thrill à soulever les foules, l'imparable You Shook Me All Night Long avec son refrain pop... Dix chansons de pur rock'n'roll hard par leur puissance, leur cohérence et surtout leur jouissance intacte. La vie y circule comme jamais, sans doute le plus bel hommage que le groupe pouvait offrir à Bon Scott. Quarante ans plus tard, l'album Back In Black continue de s'imposer au panthéon du rock primitif au sens le plus noble du terme. Une pépite ou plutôt un diamant noir qui brille au sommet de la discographie d'un groupe qui aura réussi à sublimer la perte de son chanteur originel. A un tel niveau de succès, un cas unique dans l'histoire de la pop music qui va relancer dans les années 80 un goût du hard rock metal avec Iron Maiden, Saxon et Scorpions. AC/DC va continuer à dominer cette nouvelle vague hard avec le successeur de Back in Black, l'album For Those About To Rock We Salute You qui décrochera le prestigieux Numéro 1 au Billboard US. Le groupe connaîtra par la suite un creux de vague répétant une recette jusqu'à l'usure avant de renaître en institution scénique remplissant jusqu'à la gueule les plus grandes arènes mondiales pour des shows intenses et spectaculaires. Avec à chaque fois les incontournables de Back in Black qui provoquent toujours l'enthousiasme des fans jusqu'au délire !

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