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Publié par Philippe LENOIR

ABBA annonce de nouvelles chansons pour 2020. Le quatuor suédois, une machine à tubes qui résiste au temps

Alors que les rockers spéculent toujours sur le retour très hypothétique des frères Gallagher au sein de Oasis, voici que ABBA fait virevolter la planète pop en annonçant la sortie de nouvelles chansons au cours de l'année 2020. Le quatuor suédois raillé à son apogée seventies pour son répertoire disco-kitsch, est devenu une institution planétaire bien après sa dissolution officielle en 1982. Révélés par le concours de l'Eurovision, Agnetha, Björn, Benny, Anni-Frid, dont les premières lettres forment le nom palindrome ABBA, ont dominé les charts mondiaux avec des tubes qui résistent au temps de manière tenace. Mais dans ces années où la pop music avait le devoir d'être une expression de la contre-culture, le groupe suédois qui s'invitait dans les shows familiaux de la télévision du samedi soir dans des scénographies kitschissimes, a longtemps été perçu comme suspect. Pas assez pop, pas vraiment disco, Abba apparaît à l'époque comme une singularité exotique de la variété scandinave que personne ne prend au sérieux. Le groupe se sépare en 1982 pour des raisons sentimentales, étant formé de deux couples qui ont divorcé l'un comme l'autre à cette époque. La dissolution du quatuor ne provoque pas de grand émoi en ces temps où la planète pop écarquille les yeux sur le moonwalk de Michaël Jackson et les poses scandaleuses de Madonna. Les membres d'ABBA démarrent ensuite des carrières solo sans grand rayonnement, surtout qu'une bataille judiciaire sur le partage pharaonique des droits provoque haine et rancœur au sein de la formation

 

Même une offre de reformation estimée à un milliard de dollars à la fin des années 90 est refusée par le quatuor. Mais dans le même temps, contre toute attente, les tubes d'ABBA sont constamment réévalués pour leurs mélodies étincelantes et leurs arrangements audacieux. Mêmes leurs looks autrefois moqués, deviennent des modèles post-modernes sous l'influence de la culture gay et du revival disco. Deux films Muriel et Priscilla folle du désert, retournent définitivement la situation en positionnant ABBA comme un must-have de la pop music. Le clou est définitivement enfoncé par le succès sur les planches, puis au cinéma de la comédie musicale Mamma Mia, inspirée du répertoire du groupe suédois. Néanmoins, le quatuor rabiboché peine à remettre le couvert. Ils  ne se sont réunis qu'une seule fois ensemble pour l'avant-première du film Mamma Mia à Stockholm en 2008. En annonçant de nouvelle chansons, ABBA prépare-t-il un come-back sur scène ? Pas sûr du tout, les membre du groupe flirtant avec les 70 ans, semblent à ce jour privilégier une tournée basée sur leurs hologrammes respectifs les reproduisant à leur apogée seventies. En attendant ces nouvelles chansons, revenons sur les cinq tubes qui, selon nous, font d'ABBA un groupe essentiel de l'histoire de la pop music.

Knowing me knowing you 1976

La plus grande chanson du groupe, une pure merveille qui permet au quatuor suédois d'avoir notre respect éternel. Une perfection mélodique et harmonique, un chant inspiré, des chœurs sexy, une superposition des voix masculines et féminines. Une production d'une modernité de tous les instants qui dépasse les canons de la variété disco du groupe. Une architecture vraiment pop qui se rapproche des meilleurs, notamment des Beach Boys. Contre toute attente, le chanteur flamand Arno en a fait une reprise étonnante.

Dancing queen 1976

Un hymne de la culture gay à une époque où le groupe semble assez éloigné du phénomène des drag-queens. Sur une base qui s'équilibre entre disco, pop et variétés, le hit atteste de la richesse mélodique et harmonique du groupe avec des arrangements soyeux de piano, de synthés et de violons. Et comme une évidence, Agnetha et Anni-Frid se révèlent de sublimes chanteuses. You can dance, you can jive ! Imparable.

Fernando 1976

L'intro à la flûte fait craindre le pire et puis non, la chanson décolle pour devenir du pur ABBA, un tube pop qui possède vraiment de la grâce. Les deux chanteuses réussissent une fois de plus, par leur interprétation, à donner un charme fou à ce tube. Car, de fait, Agnetha et Anni-Frid sont vraiment d'excellentes chanteuses. Pas le plus étincelant tube en apparence, mais entêtant à souhait avec une base country celtique qui tient bien la route.

Eagle 1977

Ce n'est pas un réel tube mais c'est une chanson qui aurait pu augurer de l'évolution possible d'ABBA. Avec ses arrangements plus atmosphériques, presque psychédéliques, le titre montre à quel point le quatuor ne manquait pas d'ambitions artistiques flirtant avec le rock progressif de son époque tout en maintenant une ligne mélodique pop. Sans être à l'avant-garde, le groupe suédois savait qu'il était capable d'être autre chose que la plus puissante machine à tubes des seventies.

The winner takes it all 1980

L'un des titres les plus sentimentaux du groupe pour une raison simple : elle évoque en filigrane le divorce entre Agnetha et Bjorn. C'est d'ailleurs Agnetha qui la chante de bout en bout. Une ballade baignée de nostalgie qui sera le plus grand hit d'ABBA en Angleterre. Déjà la fin de l'insouciance disco pour un groupe qui semble déjà savoir que ses belles années sont derrière lui. Dans le clip, les tenues gagnent en sobriété et invitent à l'introspection. Un vrai standard.

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