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Publié par Philippe LENOIR

Gena Rowlands en Ungaro dans Gloria de John Cassevetes

Gena Rowlands en Ungaro dans Gloria de John Cassevetes

Il avait créé l'une des marques les plus chics de la haute-couture parisienne sans que lui-même fut très connu. Avec Emanuel Ungaro, on était loin de la flamboyance médiatique de Karl Lagerfeld ou de Yves Saint-Laurent, même si l'homme était réputé bon vivant, séducteur et amateur d'art. Pourtant, à l'heure de sa disparition, c'est un vent de nostalgie qui souffle sur cette mode portée au niveau de l'excellence de la haute-couture. Une époque que lui même disait finie, estimant que la haute-couture ne correspondait plus aux femmes d'aujourd'hui. Désormais, le prêt-à-porter de luxe a pris le pouvoir au sein de marques composites intégrées à des multinationales ou des fonds d'investissements. Ungaro en est devenu un exemple parmi d'autres où se succèdent les stylistes branchés qui multiplient les collections jusqu'à l'usure. La maison Ungaro ira même jusqu'à engager Lindsay Lohan comme conseillère artistique, ce qui fit sortir le maître de sa réserve, déclarant que la collection de l'actrice était un désastre. Mais le couturier n'avait plus la main depuis longtemps sur la maison qui portait son nom.

Emanuel Ungaro, un artisan stylé de la haute-couture parisienne

Emanuel Ungaro était donc d'un autre temps, celui où il fit ses classes chez le roi des couturiers, l'espagnol Christobal Balenciaga. C'est là, pendant six ans, qu'il apprit son métier de couturier après avoir bénéficié d'une formation par son père, immigré italien, tailleur à Aix-en-Provence. Ce qui fait d'Emanuel Ungaro un pur artisan qui sait manier les ciseaux, le fil et les aiguilles comme personne. Dans les années 60, les écoles de style et de design n'ont pas encore l'aura qu'elles ont aujourd'hui, surtout dans le domaine de la couture. Quand il ouvre sa propre maison au milieu des années 60, Ungaro s'inscrit dans la vogue futuriste de Pierre Cardin, André Courrèges ou Paco Rabanne avec des formes géométriques, des matières nouvelles, des couleurs unies... Mais l'élève de Balenciaga s'émancipe de cette tendance très sixties pour se laisser aller à ses véritables inspirations, celles du glamour latino, des couleurs explosives, des imprimés audacieux... Sans oublier sa maîtrise dans le drapé qui fera sa réputation dans le monde entier.

Catherine Deneuve dans Manon 70

Catherine Deneuve dans Manon 70

Jackie Kennedy, icône de la mode, portera ses créations, suivie par de nombreuses actrices comme Jean Seberg, Isabelle Adjani et surtout Anouk Aimée qui sera l'égérie de la marque. Gena Rowlands portera l'une de ses robes noirs dans le film Gloria réalisé dans les rues de New York par John Cassevetes. Catherine Deneuve, dans Manon 70 de Jean Aurel, porte un sublime manteau blanc Ungaro qui rivalise avec ses tenues Saint-Laurent dans Belle de Jour. Les années 80 en feront un couturier star de la mode parisienne avec des défilés grandioses où il sublime une femme élégante, sexy et glamour. Ungaro se diversifie dans les accessoires, les parfums et doit pour cela lâcher de son indépendance en vendant son nom au groupe italien Ferragamo dans les années 90. S'il continue à maîtriser la direction artistique de la griffe, son pouvoir s'évapore progressivement, ce qui le décide de quitter la mode en 2004. Si la marque existe encore, elle a nettement perdu de son lustre. Avec la disparition d'Emanuel Ungaro, c'est un pan de l'esprit de la mode parisienne qui met les voiles.

http://philippelenoir-popculture.com/2019/07/sonia-rykiel-a-invente-le-style-pop-art-de-la-parisienne-libre-et-sexy.html

http://philippelenoir-popculture.com/2019/06/karl-lagerfeld-a-fait-de-son-mystere-la-marque-de-l-elegance.html

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