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Publié par Philippe LENOIR

Charlie's Angels, une saga iconique dont le charme n'a pas survécu à ses trois premières drôles de dames

Contre toute attente, les trois Charlie's Angels tentent un come-back sur grand écran en ce jour de Noël 2019. Pas sûr que ce soit un cadeau d'ailleurs quand on sait que ce nouveau film réalisé par Elisabeth Banks et conduit par Kristen Stewart en tête d'affiche, a fait un flop commercial et critique aux États-Unis. Pourtant, depuis le début des années 2000, Hollywood s'acharne à revisiter le concept originel des Drôles de Dames, cette série phénoménale qui fut lancée en 1976 et fit de ses trois héroïnes des icônes de la pop-culture.

http://philippelenoir-popculture.com/2019/08/cameron-diaz-on-l-adore-surtout-pour-ses-roles-sexy-the-mask-mary-a-tout-prix-allumeuses-bad-teacher-sex-tape.html

Il était une fois, trois filles superbes...

Tous ceux qui ont vu la série Drôles de Dames connaissent par cœur cette phrase qui ouvre le générique de la série. C'est le fameux Charles Townsend, mystérieux milliardaire, qui parle des détectives féminins qu'il a engagé pour son agence prénommée Charlie's Angels. Le pilote de la série est diffusé en mars 1976 sur ABC et s'impose d'emblée comme l'une des fictions les plus populaires de l'histoire de la télévision américaine. Elle est lancée par un producteur à succès Aaron Spelling, qui triomphait à l'époque avec Starsky et Hutch et La croisière s'amuse et qui fut plus tard maître d’œuvre de Dynasty, Beverly Hills 90210 et Melrose Place entre autres. Un maître de la série à une époque où celle-ci est un genre mineur basé sur un concept fort, mais doté de scénarios faiblards et d'une réalisation sans relief. Drôles de dames n'échappe pas à cette règle. C'est bien le concept résumé dans un générique entré dans la légende qui forge le succès mondial de la série. Et ce concept, c'est de créer trois héroïnes sexy qui vont jouer de leur physique et de leur sens de la déduction pour résoudre des enquêtes policières. Dans un Los Angeles ensoleillé en permanence, les trois anges vont illuminer la télévision pendant cinq années au cours d'un programme qui mêle humour, glamour et aventures pour plaire à toute la famille. Les hommes fantasment, les femmes s'identifient et les enfants s'amusent... Mais c'est bien la première saison qui marquera les esprits à jamais avec son trio originel qui, encore aujourd'hui, symbolise Charlie's Angels.

Charlie's Angels, une saga iconique dont le charme n'a pas survécu à ses trois premières drôles de dames

Sabrina, Jill et Kelly for ever

A tel point que les trois actrices feront la couverture du prestigieux magazine Time, une première historique pour une série télévisée. Il s'agit de Kate Jackson (Sabrina Duncan) Farrah Fawcett (Jill Monroe) et Jaclyn Smith (Kelly Garrett) qui restent encore dans les mémoires les Charlie'Angels de référence. Pourtant, elles sont ensemble que sur la première saison, car Farrah Fawcett délaisse la série dès la première année, débordée par sa popularité. Il faut dire que la blonde du trio vend en quelques mois plus de seize millions d'objets à son effigie et sa coiffure s'impose auprès de toutes les jeunes femmes du monde. Dans la série c'est le couturier français Castelbajac qui habille Farrah Fawcett en lui imposant des vêtements XXS qui mettent son corps en valeur et qui feront fureur. Pourtant, des trois actrices, c'est elle qui aura le destin le moins enviable, notamment dans une vie privée instable et violente, une carrière sans éclat et un cancer fatal qui lui ôte la vie à 62 ans. Seule Jaclyn Smith restera fidèle à la série sur les cinq saisons jusqu'à faire des apparitions dans les films de la franchise dont le dernier en date, tout en faisant fortune dans les cosmétiques. Kate Jackson quitte la série à mi-parcours, et aura bien du mal à relancer sa carrière d'actrice. A chaque fois, d'autres actrices pendront le relais, mais sans jamais acquérir l'aura des trois premières Drôles de Dames, ce qui entamera d'ailleurs le déclin de la série jusqu' à sa conclusion en 1981.

Un Girl Power de pacotille

En 1976, Charlie's Angels pourrait s'apparenter à un progrès dans les combats féministes en cours. D'ailleurs, certains y voient les prémisses du Girl Power, concept marketing qui envisage les femmes comme des amazones qui reprennent les codes masculins tout en affichant une féminité exacerbée et une sexualité agressive. Dans le cas des Drôles de Dames, ce serait vraiment aller vite en besogne. Les trois détectives de la série sont sous la coupe de Bosley, l'homme de confiance de Charles Townsend dont on ne voit jamais le visage, mais dont on perçoit le style de vie, celui d'un milliardaire au bord de sa piscine entouré de créatures en bikini. De plus, nos trois détectives sont subjuguées par leur mystérieux patron qu'elles cherchent en permanence à démasquer. Dans leurs enquêtes, elles font de leur sex-appeal un moyen d'arriver à leurs fins souvent contre des hommes qui sont, il faut le reconnaitre d'une bêtise crasse. C'est bien un progrès dans le sens où les héroïnes de séries policières étaient rares sur le petit écran, mais les Drôles de Dames sont loin d'être une avant-garde féministe. D'ailleurs, la série n'a jamais été très ambitieuse pour se coltiner les sujets de société de son temps, se contentant de scénarios simplistes sans chercher à fouiller la psychologie de ses héroïnes. C'était d'ailleurs la norme des séries américaines de l'époque diffusées sur les grandes chaînes nationales. Mais c'est cette insouciance qui confère à la série ce charme suranné.

Deux reprises au cinéma et un échec à la télévision

Les Charlie's Angels au cinéma

Les Charlie's Angels au cinéma

Les Charlie's Angels reviennent sur grand écran en 2000 et 2003 dans deux blockbusters assez bourrins réalisés par McG avec Drew Barrymore, Cameron Diaz et Lucy Liu. Dans l'esprit du Girl Power lancé par les Spice Girls, ces deux films mettent en scène trois détectives badass, expertes en arts martiaux, en pilotage de bolides terrestres, maritimes et aériens et maniement d'armes. Léger et fun, ce renouveau des Charlie's Angels reste un pop-corn movie acidulé qui n'atteint aucune cible, ni les nostalgiques de la série, ni le public adolescent. Mais ces deux films portés par trois actrices au sommet de leur popularité, seront néanmoins de vrais succès à défaut de rester dans les mémoires. En bonus, c'est Bill Murray qui incarne Bosley. C'est dire si ça ne peut pas être tout à fait médiocre ! 

Drew Barrymore, productrice des deux films, sera aussi, en 2011, à l'initiative du reboot de la série pour ABC, la chaîne historique de Charlie's Angels. Délocalisée à Miami, la série reprend fidèlement le concept originel sans saisir que les temps ont changé avec la révolution en cours de la fiction télévisuelle qui fait triompher les œuvres complexes de HBO ou Netflix. Face à la catastrophe d'audience dès la diffusion des premiers épisodes, ABC décide d'annuler le show avant la fin de la saison. La magie de 1976, lors de la diffusion du pilote de Drôles de Dames, semble bien difficile à reconduire. Le mystère des premières fois, sans doute...

Les Charlie's Angels de la série de 2011

Les Charlie's Angels de la série de 2011

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