Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Philippe LENOIR

My Way célèbre ses 50 ans. Un hit éternel grâce aux deux plus grands chanteurs du siècle, Frank Sinatra et Elvis Presley.

My way, monument de la chanson américaine, fête les cinquante ans de son enregistrement par The Voice, l'immense Frank Sinatra. Un standard qui doit tout à l'interprétation magnifique de Sinatra, même si on ne peut pas s'empêcher de penser que la plus belle version reste celle d'Elvis Presley lors de son concert en mondovision Aloha in Hawaï. On avoue qu'on a toujours eu un parti-pris pour le King qui, selon nous, est le plus incroyable chanteur de l'histoire de la musique populaire. En tout cas, le destin de My Way est d'avoir été interprété par ces deux légendes qui l'ont inscrite au patrimoine mondial de la chanson. Depuis cinquante ans, on compterait plus de 1400 adaptations du tube planétaire et pas des moindres artistes : Aretha Franklin, David Bowie, Nina Simone, Ray Charles, Nina Hagen...

Évidemment, on serait désobligeant d'oublier que ce standard américain possède des origines françaises. C'est surtout une composition de Jacques Revaux, musicien qui œuvra pour les stars du yéyé pour s'imposer comme le serviteur inspiré des grands tubes de Michel Sardou dans les années 70/80. Cette mélodie qu'il compose en 1967 sera captée par Claude François qui en fera Comme d'habitude, une chanson qui relate la monotonie quotidienne au sein d'un couple, inspirée, parait-il de la relation amoureuse du chanteur avec France Gall. Même si on admet un certain charme au répertoire de Cloclo, on doit bien avouer que Comme d'habitude n'est pas sa plus franche réussite. Paroles déprimantes, interprétation affectée, voix de canard mal placée, cette version originale souffre aujourd'hui de la comparaison avec son adaptation américaine.

C'est le crooner Paul Anka qui repère la mélodie, en achète les droits d'adaptation et écrit les paroles. L'artiste, dépassé par la contre-culture triomphante des sixties qui en a fait un has been , imagine un texte évoquant les réflexions d'un homme à la croisée des chemins, s'interrogeant sur le sens qu'il a donné à sa vie. D'une désespérante complainte du couple à la française, Paul Anka écrit une chanson universelle, poignante et mélancolique sur le bilan d'une vie. Frank Sinatra, qui lui aussi, se sent largué par la pop music et le nouvel Hollywood, décide d'enregistrer la chanson. Son envergure internationale, son interprétation hors normes et son identification évidente aux paroles, font de My Way un tube quasiment anachronique qui s'affichera dans les charts anglo-saxons pendant deux années consécutives.

Sur une mélodie aux harmonies simples et évidentes, My Way possède la limpidité de paroles d'une beauté fulgurante dès son introduction, la clef de tous les plus grands tubes : «  And now, the end is near/And so I face the final curtain ». Et cette phrase fatale que chacun peut reprendre à son compte sur sa propre existence : « I dit it my way ». De la pure poésie sans aucune mesure avec : « Je me lève et je te bouscule/Tu ne te réveille pas/Comme d'habitude ». Au moins, pour cette chanson, la finesse est de toute évidence américaine pour les paroles. Quant à l'interprétation, on l'a déjà dit, elle est hors normes car elle colle à la vie de ses deux meilleurs interprètes masculins. Curieusement , les versions d'Aretha Franklin et de Nina Simone sont plutôt anecdotiques pour des artistes de leur dimension.

La pop-culture a évidemment accaparé un tel monument de la chanson. Difficile d'échapper à la version punk de Sid Vicious, peu après l'explosion en vol des Sex Pistols. A l'époque, en 1978, cette adaptation tapageuse fit son petit effet. Aujourd'hui, elle sonne anecdotique, voire ridicule, à l'image du talent plus que contestable de ce pauvre Sid. En revanche on doit bien admettre trouver un charme tenace à la version espagnole des Gypsy Kings. Comme toujours, on adore la reprise qu'en a fait le Muppet Show. Au cinéma, pas grand chose à retenir,si ce n'est dans le film d'animation Tous en scène et dans Kingsmen le cercle d'or. Enfin, un spot Adidas de 2017 où l'on reconnaît Kendall Jenner ou Snoop Dog, mélange de culture urbaine bling bling et de clins d’œil à De Vinci ou Botticelli, fait vibrer les trois bandes sur My Way. Et on peut s'attendre que ce tube irrationnel continue de rayonner encore jusqu'à son centenaire et même au-delà...

http://philippelenoir-popculture.com/2019/09/charles-aznavour-est-mort-il-y-a-un-an.nos-cinq-chansons-preferees-emmenez-moi-je-m-voyais-deja-non-je-n-ai-rien-oublie-hier-encore

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article