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Publié par Philippe LENOIR

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

Que serait devenu le cinéma d'épouvante américain sans la prolifique inspiration du romancier Stephen King ? Si les grands auteurs populaires, de Simenon à Conan Doyle en passant par Agatha Christie, ont tous connu l'honneur d'être adaptés sur grand écran, ceux-ci sont restés étrangers au monde du cinéma. Ce n'est pas le cas de Stephen King dont la carrière et la notoriété sont liés aux films qu'il a suscités. Des films souvent plus connus que les œuvres littéraires qui servirent de base à leur conception. Avec des réalisateurs de très haut niveau comme De Palma, Kubrick, Carpenter ou Cronenberg derrière la caméra, l’œuvre de King a connu dans les années 70/80 un âge d'or qui a permis l'éclosion de classiques du cinéma d'épouvante. Ensuite, la réussite sera moins évidente, même si Stephen King devient le romancier le plus adapté au cinéma. Un creux relatif jusqu'au déferlement de Ça, la saga d'horreur adolescente qui met en scène un clown maléfique et croque-mitaine, film d'épouvante le plus lucratif de tous les temps.

Stephen King

Stephen King

Ce mercredi 30 octobre 2019 sort Docteur Sleep, la suite du fameux Shining où l'on retrouve Dan Torrance, l'enfant qui faisait du tricycle dans les couloirs de l'hôtel Overlook. Rescapé du massacre commis par son père, Dan, incarné par Ewan McGregor, reste de toute évidence traumatisé si l'on en croit la bande-annonce qui montre quelques-une des scènes emblématiques du thriller de Stanley Kubrick. Longtemps méprisé par l'intelligentsia littéraire, Stephen King est pourtant bien un auteur populaire à prendre en considération car ses talents de conteur savent captiver des millions de lecteurs et de spectateurs depuis plus de quarante ans. Voici cinq adaptations au cinéma de Stephen King qui sont devenus des classiques du 7e Art.

http://philippelenoir-popculture.com/2019/10/brian-de-palma-auteur-de-films-mythiques-n-a-plus-sa-place-sur-grand-ecran.nos-cinq-references-du-maitre-pulsions-blow-out-body-doub

http://philippelenoir-popculture.com/2019/05/john-carpenter-quand-l-horreur-cache-un-veritable-auteur.html

Carrie au bal du diable Brian de Palma 1974

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

C'est un classique de la riche filmographie de Brian de Palma, l'un de ses plus gros succès...Porté par Sissy Spacek qui aura bien du mal à se détacher de son personnage, Carrie est le portrait poignant d'une adolescente qui prend conscience qu'elle devient une femme. Emprisonnée dans l'obscurantisme de sa mère, la jeune fille est la risée de son école, subissant les pires quolibets et humiliations. Jusqu'à ce bal de fin d'études où elle est accompagnée du plus beau gosse du lycée avec qui elle gagne le concours de beauté qui se trouve être une féroce machination. Brian de Palma fait preuve d'un savoir-faire unique, avec ses longs plans séquences, ses ralentis, ses écrans partagés qui vont devenir sa signature. Si la dernière partie du film est spectaculaire et sanglante, Carrie reste un film d'une rare élégance, sachant percer l'étrange dans le quotidien d'une petite ville américaine. Et l'image de la jeune femme dans sa robe de bal ensanglantée reste un souvenir de cinéma indélébile.

Dead Zone David Cronenberg 1983

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

Le réalisateur canadien David Cronenberg délaisse le cinéma d'horreur qui a fait sa réputation pour un film qui appartient plutôt au genre du thriller politique. Si Carrie a le don de télékinésie, Johnny Smith, incarné par Christopher Walken, possède le don de médium depuis qu'il est sorti de cinq ans de coma. Stephen King qui fut un militant républicain pro-Nixon dans sa jeunesse, a évolué dans le camp progressiste et en témoigne dans cette histoire. Car le médium voit en un candidat militariste sans scrupule un danger pour son pays. Celui-ci est incarné avec délectation par Martin Sheen qui, sans le savoir, anticipe l'avènement de Donald Trump. Si les visions du médium laissent place à une étrangeté chère au cinéaste, celui-ci ne cède jamais à la terreur, encore moins à l'horreur comme dans ses précédents films. C'est même un film assez mélancolique et émouvant avec un acteur, Christopher Walken, dans un rôle où il fait encore preuve de sa sensibilité mortifère.

Christine John Carpenter 1983

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

C'est un film de commande souvent sous-estimé de la filmographie de John Carpenter. Pour notre part, c'est l'un de nos préférés du maître, un petit bijou de fantastique autour d'une voiture tueuse. Car Christine est le nom d'un bolide typique de l'après-guerre, une Plymouth Fury rouge et blanche que va restaurer un adolescent introverti et souffre-douleur de son collège. Entre les deux, c'est une histoire d'amour insensée qui va démarrer. Le jeune homme va se métamorphoser à force de conduire sa Plymouth en tombeur cynique, tandis que la voiture va se mettre à tuer tout ceux qui approchent son conducteur. D'un côté, un humain qui se transforme en mécanique froide et de l'autre une voiture qui tue par jalousie, c'est la synthèse matérialiste qu'explore John Carpenter sous couvert de divertissement horrifique. Et quel divertissement avec une mise en scène somptueuse qui fait monter le suspense à chaque nouveau meurtre. Un petit chef d’œuvre et l'une des meilleures adaptations de Stephen King. A savoir que le film est sorti avant le roman réputé assez médiocre.

Misery Rob Reiner 1990

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

C'est un excellent huis clos qui permet la confrontation au sommet entre James Caan et Kathy Bates, tous deux isolés dans une ferme perdue dans le blizzard. Lui joue le rôle d'un auteur à succès d'une série littéraire qui raconte les aventures romantiques de Misery Chastain qu'il a décidé de tuer dans son dernier manuscrit. Alors qu'il s'apprête à rentrer à NewYork, il est victime d'un accident et recueilli par une fermière qui se trouve être une fan de Misery. En comprenant que l'auteur avait sacrifié son héroïne, l'admiratrice va l'obliger à reprendre son roman jusqu'à lui faire subir les pires sévices. Écrire pour rester en vie, voici le propos de l'histoire imaginée par Stephen King et mis en scène par Rob Reiner. Kathy Bates trouve là le rôle de sa vie qui lui vaudra l'Oscar, car elle est terrifiante au même titre que Nicholson dans Shining. Chacune de ses apparitions dans la chambre où James Caan est tenu prisonnier, est un sommet d'effroi. Un pur plaisir de cinéma qui monte en puissance jusqu'au final grand guignolesque.

Les évadés Frank Darabont 1995

Stephen King, le romancier de l'horreur, est une mine de sujets pour le cinéma. Nos cinq exemples : Carrie au Bal du diable : Dead Zone ; Christine ; Misery ;Les évadés.

Drôle de destin pour ce film qui fut un échec à sa sortie et qui, au fil des années, s'est forgé une réputation fervente. Au point qu'il est régulièrement cité dans les meilleurs films de l'histoire du cinéma. Restons calmes, il s'agit d'un film qui possède surtout un très bon scénario avec un twist final étonnant. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, ce film humaniste qui évoque le respect de son prochain, le goût de la liberté, la résilience face à l'injustice, possède un charme tenace grâce à l'interprétation juste et touchante de ses acteurs, notamment Tim Robbins et Morgan Freeman. Leur amitié au fil des années d'incarcération est le moteur du film, leur patience le meilleur moyen d'accéder à la liberté. Loin des effets d'épouvante des adaptations de Stephen King, Les Évadés a touché le monde entier par sa douceur, sa simplicité et son habileté à susciter en nous de l'empathie pour des prisonniers dont on ignore crimes et méfaits. Un film de prison qui rend les gens meilleurs, c'est bon à prendre.

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