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Publié par Philippe LENOIR

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Alien, le huitième passager réalisé par Ridley Scott, lors de sa sortie au cinéma en 1979, fut vécu comme un véritable choc esthétique et horrifique. Une réussite artistique doublée d'un carton commercial soutenu par un slogan d'une rare efficacité : « dans l'espace, personne ne vous entendra crier. » Le succès du monstre xenomorphe doit beaucoup au plasticien suisse HR Giger qui lui donne cette allure effrayante et à la maîtrise de Ridley Scott pour créer un huis clos spatial étouffant et terrifiant. On ne le sait pas encore, mais Alien va devenir l'une des franchises les plus lucratives du cinéma mondial avec dans sa première partie l'idée de léguer le monstre à des cinéastes très différents. Le duel entre l'Alien et Ripley, la seule rescapée du premier opus, propose des films plus ou moins réussis avant une longue pause à peine marquée par deux pénibles crossovers où Alien affronte Predator. On pense alors que ça sent le roussi avant que Ridley Scott annonce son retour sur sa propre saga avec deux films qui laissent les fans pantois. Néanmoins, pour ses 40 ans, Disney qui a acquis les droits de la Fox, compte relancer Alien en le rebootant avec un Ripley au masculin qui devrait être joué par Tom Holland, l'actuel Spiderman. Les réalisateurs annoncés sont les Frères Russo qui ont triomphé avec la saga Marvel des Avengers. Du lourd, du très lourd pour dynamiser un Alien qu'on pensait en bout de course. En attendant que ce miracle se concrétise, voici un résumé de la saga, fer de lance de la pop culture.

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Alien le huitième passager Ridley Scott 1979

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Un film d'une tension sans égale, un huis clos spatial à bord d'une navette Le Nostromo dans lequel s'est introduit un virus qui va engendrer l'Alien. Le film est marqué par des scènes très impressionnantes, dont la naissance du monstre dans le corps d'un des astronautes. Car l'Alien a besoin de passer par le corps humain pour la survie de son espèce. C'est sans doute l'idée la plus terrifiante du film. Ridley Scott maîtrise sa réalisation avec une science incroyable, jouant avec les peurs des spectateurs. L'Alien reste quasiment invisible, se cachant dans les entrailles de la navette spatiale. La lutte finale avec la seule survivante, Ripley jouée par Sigourney Weaver, amorce la relation très particulière qui va se nouer entre l'extraterrestre et la seule capable de s'opposer à lui.

Aliens le retour James Cameron 1986

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Tout est dans le pluriel et autant dire que James Cameron va s'en donner à cœur joie en démultipliant les montres par milliers. Lui qui aime les femmes guerrières, à l'instar de Sarah Connor dans Terminator, fait de Ripley une combattante capable de massacrer à la mitrailleuse ces foutues bestioles de l'espace. Du huis clos originel, ce second volet s'affirme comme un blockbuster d'action typique des années 80. Vu ainsi, ce second épisode assure le spectacle. Mais, il faut bien admettre que le réalisateur se trompe lourdement. Aujourd'hui, au regard de sa filmographie, on peut affirmer que cet Aliens le retour est son œuvre la plus faible. La franchise, elle ne s'en plaint pas, car le film cartonne au box-office.

Alien 3 David Fincher 1992

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

A sa sortie, ce troisième volet se fait descendre par la critique sur la seule réputation de réalisateur de clip-vidéo de David Fincher. Une erreur monumentale, car c'est de loin, la meilleure suite au film de Ridley Scott. Fincher renoue avec l'essence du sujet, le huis clos où sommeille la bête immonde. Ripley, tête rasée, se retrouve sur une planète où sont entassés les pires psychopathes de l'espace. Tous vont devoir affronter l'Alien et lui tendre un piège au sein du pénitencier de haute sécurité. Le film très esthétique, retrouve un climat asphyxiant, mais en le transposant dans une prison sans gardien où les détenus hallucinés vont trouver un sens à leur vie. La relation entre Ripley et l'Alien prend une nouvelle dimension. David Fincher pousse le bouchon jusqu'à sacrifier son héroïne dans un final grandiose. Notre Alien préféré.

Alien, la résurrection Jean-Pierre Jeunet 1997

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Jean-Pierre Jeunet est engagé par la Fox sur la foi de l'univers visuel qu'il a su développer en France avec Marc Caro dans La cité des enfants perdus. Lui-même n'est pas convaincu par l'idée de ressusciter Ripley, sacrifiée par Fincher. Le scénario est donc basé sur la science génétique qui permet de cloner Ripley avec un Alien. Les fans détestent le film, ce qui est bien sévère. C'est surtout un film de studio sans la vision d'un grand cinéaste comme pour les opus précédents. Mais le cahier des charges est plutôt bien respecté et donne au final un divertissement plutôt honnête. Mais de fait, après une trilogie cohérente, ce quatrième volet n'apporte rien à la franchise. Ce film clôt le meilleur d'Alien qui ensuite, va se chercher sans se retrouver.

Promotheus Ridley Scott 2012

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Alors que la franchise Alien croise celle de Predator dans des séries B qui laissent de marbre, Ridley Scott annonce qu'il reprend les choses en main avec Promotheus, annoncé comme le prequel de son Alien originel. En fait, le réalisateur britannique qui a toujours été fasciné par Stanley Kubrick, veut faire son 2001 à lui. Mais la métaphysique kubrickienne n'est pas à la portée de tous, même pour l'auteur de Blade Runner. Son Promotheus, science-fiction de luxe, s'avère un blockbuster prétentieux et laborieux sur les origines humaines et extra-terrestres. Pas l'ombre d'un couinement d'alien, mais un long trou noir incohérent et ennuyeux. L'inverse du simplissime Alien originel. Même Ridley Scott avouera plus tard s'être planté.

Alien covenant Ridley Scott 2017

La saga Alien, 40 ans au compteur, a-t-elle encore une chance de nous captiver ?

Ridley Scott ne veut pas lâcher le morceau en donnant aux fans ce qu'il pensait voir dans Promotheus. Mais on pourrait dire que le ver est dans le fruit. Ce prequel qui démarre à la fin de Promotheus, donne en effet à comprendre ce que découvriront les astronautes du Nostromo dans le premier épisode. Mais la tension horrifique attendue n'est pas vraiment là. Certaines scènes sont spectaculaires, notamment l'attaque nocturne des aliens, mais cela reste convenu dans un format de blockbuster sans idées novatrices. Une vision sans relief de la créature, sauf sa capacité à nous faire sursauter un peu... Scott, de toute évidence, n'a plus rien à dire sur le film qui a fait de lui un réalisateur culte. Il est temps de passer le relais à Disney. Rien qu'à l'écrire, ça fait bizarre !

 

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