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Publié par Philippe LENOIR

La première trilogie Terminator a essoré la saga des cyborgs du futur. Nos cinq scènes cultes d'un chef d’œuvre du cinéma signé James Cameron qui fit d'Arnold Schwarzenegger une icône mondiale.

Terminator Dark Fate, sixième opus consacré aux cyborgs du futur, sera-t-il l'épisode fatal d'une franchise qui a révolutionné le cinéma de la fin du XXe siècle ? On pouvait penser que l'épouvantable Terminator Genesys lui avait donné le coup de grâce. En misant sur le retour du trio originel du premier épisode, soit James Cameron, Arnold Schwarzenegger et Linda Hamilton, la Fox espère redonner de la vigueur à une franchise essorée qui, ironie du sort, tourne en rond alors qu'elle évoque depuis sa création une boucle spatio-temporelle entre passé, présent et futur. La tâche est d'autant plus rude que la première trilogie de Terminator est l'une des plus belles réussites du cinéma hollywoodien, bien plus aboutie que Stars Wars ou Indiana Jones. Le premier épisode, petit film à six millions de dollars, possède la grâce d'un scénario vertigineux, le second jette les bases du blockbuster d'action ultime et le troisième moins indispensable, c'est vrai, achève la saga juste à temps. La fascination de Terminator réside dans ses enjeux visuels et intellectuels, qui en font une œuvre d'auteur d'une richesse étonnante : l'amour intemporel qui unit Sarah Connor à Kyle Reese, l'espace d'une seule nuit ; le twist qui fait de Schwarzie le méchant robot devenu cyborg protecteur et sacrificiel ; l'esprit de cinéma primitif qui réside dans le mouvement perpétuel des héros pour échapper à leur sort ; la faillite du genre humain face à ses propres créations... Et le tout sans jamais oublier que le cinéma est un divertissement fabuleux quand il atteint une telle perfection. En cinq scènes, voici pourquoi on voue un culte à Terminator.

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L'ouverture

Terminator démarre sur l'image du corps nu d'Arnold Schwarzenegger dans la position du fœtus. C'est la naissance au cinéma de la star bodybuildée dans son rôle le plus emblématique. Mâchoire carrée, muscles hypertrophiés et nudité intégrale, l'acteur entre de plain-pied dans sa propre légende en s'avançant vers un balcon d'où il domine Los Angeles. Il est difficile d'imaginer que James Cameron avait en tête ce que cette scène avait de symbolique dans la carrière d'Arnold Schwarzenegger. Tout au long du premier film, l'acteur va peaufiner son look de biker cyber-punk qu'il reproduira avec bonheur dans la trilogie. Iconique est vraiment le mot qui convient.

La phrase culte

Il faut bien le dire, Arnold Schwarzenegger a usé jusqu'à la corde son fameux I'll be back, le répétant à volonté lorsqu'il devint gouverneur de Californie ou qu'il se retrouvera dans la franchise Expendables. Pourtant, c'est bien dans le premier Terminator que le cyborg l'emploie dans une scène mémorable dans le poste de police où il va commettre un massacre pour retrouver Sarah Connor. Curieusement, c'est la seule fois où la phrase possède un sens humoristique et qu'elle s'intègre bien à l'action à venir. Dans les autres épisodes, sa force est moins évidente, sorte de gimmick pour les fans, même si elle recèle davantage la promesse d'un retour à l'infini et au-delà.

La poursuite

James Cameron a retenu les leçons des maîtres du cinéma comme Charlie Chaplin ou Alfred Hitchcock. L'essentiel au cinéma est de fuir, de courir, de sauter, de se cacher... Terminator, dans ce cadre là, est un exemple de mise en mouvement perpétuel, notamment dans le deuxième épisode, qui offre quelques-unes des plus belles scènes d'action du cinéma moderne. Pas de temps mort quand il s'agit d'échapper au Terminator. Celle où le cyborg sur sa Harley tire au fusil d'une main sur le T-1000 qui poursuit le jeune Connor au volant d'un camion est un modèle du genre. Jouissif à souhait.

Le sacrifice

Le happy-end dans Terminator a toujours un goût amer sur fond de sacrifice. Dans le premier épisode, James Cameron choisit le schéma classique du héros qui meurt pour défendre celle qu'il aime et doit mettre au monde le futur chef de la Résistance. C'est donc Kyle Reese qui se sacrifie pour détruire le Terminator. Dans le second épisode, c'est le Terminator qui se sacrifie à la fin de sa mission car il est le dernier robot équipé de la puce électronique à l'origine de la domination des machines dans le futur. C'est donc le suicide programmé d'une machine qui sait que sa part d'humanité artificielle est la source de tous les dangers. Toute la dramaturgie de la saga se concentre dans l'idée que ce sont les hommes qui courent à leur propre perte par leur aveuglement. Décisif.

La castagne

la saga Terminator, si elle possède une véritable richesse philosophique, n'en oublie pas pour autant d'être un formidable divertissement d'action avec sa dose d'humour second degré. Le numéro 3 réalisé par Jonathan Mostow, assez injustement sous-estimé, parce qu'il n'apporte aucun enjeu scénaristique majeur, est néanmoins un blockbuster bien au-dessus de la moyenne. Il possède même en son sein la meilleure scène de baston entre notre vieux T-800 reboosté et un Terminator féminin hautement sexy et implacable. La castagne est d'autant plus réussie qu'elle utilise les accessoires de sanitaires publics, comme inspiré du cinéma burlesque. La scène est d'autant plus drôle qu'elle va jusqu'au bout de son idée, celle de robots qui n'ont aucune mesure de leur force dévastatrice. Certains ne goûtent guère à l'humour de Terminator 3. Nous, si !

 

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