Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Philippe LENOIR

Le légendaire label de black music Motown fête ses 60 ans : nos huit standards par Marvin Gaye, The Temptations, The Four Tops, Diana Ross, Stevie Wonder, The Jackson Five, Smokey Robinson, Martha and the Vandellas

Universal sort un superbe coffret de soixante chansons pour célébrer les soixante ans de la création du fameux label Motown, l'usine à tubes de la black music américaine qui a compté dans ses rangs quelques-uns des plus grands noms de la pop. Et quand on parle d'usine, ce n'est vraiment pas un vain mot pour son fondateur Berry Gordy, ancien ouvrier de l'industrie automobile de Detroit. D'ailleurs, Motown est la contraction de Motor Town, le surnom de la cité du Michigan où se concentraient les ateliers des plus grandes marques de voitures américaines. Berry Gordy est à la musique ce que Ford fut à l'automobile : un faiseur de tubes et de stars manufacturées à la chaîne selon des critères bien précis. De la musique pop mainstream inspirée de la soul, du funk et du rythm'n'blues, des vedettes au look glamour, des textes valorisant la jeunesse, l'amour et le rêve américain. L'objectif est de plaire au plus grand nombre, notamment aux classes moyennes noires, mais aussi aux blancs. Les tubes sont écrits au kilomètre par des compositeurs dont le trio Holland-Dozier-Holland, Berry Gordy, Smokey Robinson... Les interprètes sont castés selon leurs talents vocaux et selon leur docilité à se faire relooker dans le style Motown. Berry Gordy, homme d'affaires avisé et retors, s'inspire des studios hollywoodiens en faisant signer des contrats léonins à ses artistes qui voient les royalties leur passer sous le nez. Mais il faut bien avouer que le son Motown est l'un des plus fabuleux de l'âge d'or de la pop music des années 60 à 80. Surtout qu'au fil du temps, les meilleurs artistes du label imposeront au patron leur indépendance artistique, comme leur besoin d'exprimer leurs sentiments sur l'émancipation des afro-américains dans le sillage du combat des droits civiques de Martin Luther King. Voici nos huit standards Motown interprétés par huit groupes et chanteurs emblématiques de l'usine à tubes de Detroit.

http://philippelenoir-popculture.com/2019/11/john-legend-elu-l-homme-le-plus-sexy-de-l-annee.c-est-aussi-un-artiste-soul-et-r-n-b-a-la-voix-de-velours-save-room-everybody-knows

http://philippelenoir-popculture.com/2019/10/kanye-west-sort-jesus-is-king-un-album-au-message-evangelique.l-artiste-borderline-fut-autrefois-plus-inspire-et-visionnaire-gold-di

http://philippelenoir-popculture.com/2019/06/nos-cinq-titre-preferes-de-michael-jackson-don-t-stop-til-get-enough-rock-with-you-billie-jean-they-don-t-care-about-us-stranger-in

 

 

Berry Gordy avec sa plus belle diva Motown Diana Ross

Berry Gordy avec sa plus belle diva Motown Diana Ross

Marvin Gaye What's going on 1971

Sans doute le plus grand artiste du label Motown, le crooner définitif à la voix de velours et au physique de lover adulé des femmes. Il est également le premier à se rebeller contre le patron Berry Gordy en voulant enregistrer un disque très personnel pour y évoquer ses préoccupations : la foi religieuse, l'écologie, la pauvreté, la condition des Noirs, la guerre du Vietnam. Ce sera le concept-album What's Going On, un chef d’œuvre absolu de soul music aussi soyeuse que rageuse. La chanson qui donne le titre à l'album est un standard de délicatesse de la part d'un artiste au sommet de son art. Marvin Gaye finira par quitter Motown pour CBS où il enregistra son dernier tube, le suave Sexual Healing. Il meurt en 1984, tué au revolver par son père au cours d'une dispute où le chanteur tentait de protéger sa mère. Un mythe de la black music.

The Temptations Papa was a rolling stone 1972

Un monument de la musique pop qui continue de fasciner par sa longue introduction, sa ligne de basse, la guitare percutante, ses violons, sa trompette déchirante, ses claquements de mains... La chanson évoque les interrogations d'un enfant qui demande à sa mère qui était son père absent. Là encore, une chanson qui marque l'évolution de la Motown vers plus d'âpreté, de réalisme urbain, qui évoque la condition des afro-américains dans les ghettos. C'est le plus gros tube des Temptations depuis le délicieux My girl enregistré dans les années soixante. C'est un groupe emblématique du style Motown par la qualité de son chant, son inspiration pop soul doo-wop, ses chorégraphies chaloupées et son élégance vestimentaire.

The Four Tops Reach out I'll be there 1966

De la pure fabrication Motown selon les règles édictées par le patron tout-puissant Berry Gordy. Les Four Tops sont quatre gars de Detroit qui vont démarrer en faisant les chœurs pour d'autres artistes de la maison avant de se voir offrir leur chance en suivant le style du label. De la pop doo-wop lumineuse écrite par le trio Lamont-Dozier-Lamont, des costumes cintrés, un chanteur puissant et des chœurs reprenant les refrains en exécutant des pas de danse. Reach Out I'll be there est le plus grand tube du quatuor repris par Diana Ross ou Gloria Gaynor. En France,Claude François, fan des Four Tops, reprendra deux de leurs titres dont Reach Out qui deviendra J'attendrai.

Diana Ross and The Supremes You can't hurry love 1966

Le girl group le plus célèbre de la Motown qui va faire de Diana Ross une diva soul pop, puis disco d'envergure planétaire . Encore une fois, le groupe est, à son démarrage, un pur produit fabriqué par Berry Gordy. Le trio séduit autant par ses chansons pop que par son look glamour et sexy. As du marketing, le fondateur du label invente même une enfance misérable à Diana Ross, alors qu'elle est issue de la classe moyenne de Detroit. Ça fonctionne car, de toute évidence, The Supremes vont imposer une popularité inégalée et devenir l'image même du girl group à l'américaine. Le trio Lamont-Dozier-Lamont se surpasse en leur composant des pépites dont You can't hurry love, un standard qui franchit les ans avec la même fraîcheur. Et si Diana Ross fera une brillante carrière solo, elle ne reniera jamais son groupe qu'elle rejoindra à maintes reprises jusqu'aux années 2000.

Stevie Wonder Superstition 1972

Avec Marvin Gaye, Stevie Wonder est sans aucun doute l'artiste le plus emblématique de la Motown. L'un des seuls à avoir su s'émanciper de la férule de Berry Gordy dans les années 70 pour développer un style très personnel dont Superstition est le premier exemple. Un morceau au groove dément basé sur le synthétiseur Moog auquel l'artiste développe des cuivres funk qui montent crescendo de manière hypnotique Une tuerie pour un artiste de 22 ans qui a démarré chez Motown à l'âge de 11 ans sous le nom de Little Stevie Wonder. De tous les chanteurs du label, il est l'un des seuls à y avoir fait toute sa carrière explorant la soul, le funk, le reggae à des hauteurs vertigineuses.. On regrette un peu son virage vers la variété internationale dans les années 80 qui a édulcoré la rage de son âge d'or chez Motown.

The Jackson 5 I want you back 1969

Berry Gordy tombe en extase devant la fatrie Jackson, surtout pour son prodige, Michaël, qui imite les pas de danse de James Brown. A tel point qu'il leur donne I want you back que le patron a écrit pour sa maîtresse Diana Ross qui sera la marraine du groupe. Le titre se classe directement numéro 1, le public s'entichant de la voix d'airain, du charisme et du groove de Michaël Jackson. Le groupe qui sera le plus populaire de la Motown enchaîne les tubes comme Abc ou I'll be there. Jusqu'en 1976, le groupe enchaîne les tournées épuisantes et les enregistrements. Le divorce sera fracassant quand le groupe quitte Motown pour CBS, perdant au passage Germaine qui a épousé la fille de Berry Gordy. Le groupe se rebaptise The Jacksons et continue sa marche triomphale jusqu'à l'émancipation de Michaël pour la carrière solo que l'on sait..

Smokey Robinson and the Miracles The tears of a clown

Sans doute l'un plus talentueux artistes de la Motown, homme de confiance de Berry Gordy qui le nommera vice-président du label. Au sein de l'usine à tubes, il composera de nombreux chansons pour d'autres, que ce soit pour The Temptations, The Four Tops, Marvin Gaye... Avec son groupe The Miracles, il fera des merveilles par la qualité de son chant et de sa voix gracieuse. La classe à l'état pur que l'on retrouve dans The tears of a clown, une chanson composée par Stevie Wonder. Une tuerie pop groove et soul qui montre l'étendue de l'interprétation de Smokey Robinson. Une référence de la Motown, malheureusement gâché par son addiction à la cocaïne et ses responsabilités au sein du label.

Martha and the Vandellas Dancing on the street 1964

La chanson est l'un des tubes de la Motown les plus repris de l'histoire du label de Detroit. Les Kinks, les Who, Little Richard, The Grateful Dead, Van Halen, Phil Collins inviteront, eux aussi à danser dans la rue... La plus célèbre reste néanmoins celle du duo formé par David Bowie et Mick Jagger en 1985 avec un clip désastreux où les deux stars rivalisent d'un cabotinage kitsch qui passe mal le poids des ans. On y préfère le style sixties de Martha and the Vandellas qui a créé ce standard inusable. Un girl group monté autour de Martha Reeves au début de la Motown, mais qui sera dépassé par l'émergence des Suprêmes et de la bombe Diana Ross. Berry Gordy a toujours privilégié le glamour sexy, ce qui manquait sans doute à Martha and the Vandellas. Au point du chant et du groove, ça pouvait se discuter.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article