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Publié par Philippe LENOIR

John Rambo, la machine de guerre mal-aimée de Sylvester Stallone

On pensait en avoir fini avec la franchise Rambo après un quatrième épisode sanglant qui semblait clore l'une des sagas cinématographiques les plus controversées de la pop-culture. Mais contre toute attente, à 73 ans, Sylvester Stallone a a repris ce rôle fétiche qui en a fait l'Action Man ultime des années 80, pour un dernier volet intitulé Last blood (Sortie le 25 septembre 2019). Au départ, un roman intitulé First Blood écrit par David Morell qui raconte comment un vétéran du Viet-Nam désocialisé depuis son retour au pays, affronte l'hostilité de ses compatriotes. En 1982, il est adapté au cinéma par l'habile Ted Kotcheff avec Sylvester Stallone, auréolé du succès des trois premiers volets de Rocky. Ce personnage tourmenté, solitaire, violent va devenir, contre toute attente, le personnage le plus bankable de la filmographie de Sly, mais aussi le plus controversé. Car les épisodes suivant en font le héros d'une Amérique guerrière, capable à lui tout seul de capitaliser sur l'esprit revanchard d'un pays fasciné par le discours conquérant de Ronald Reagan. Le Président des USA qui verra Rambo II en projection privée dira : « Si jamais l'Amérique a un problème, on saura qui appeler. » John Rambo, vétéran rejeté et mauvaise conscience de l'Amérique, va ainsi devenir héros musclé et magnifié de l'impérialisme yankee. Même Sylvester Stallone prendra ses distances avec un héros qui lui a échappé, préférant à jamais Rocky, le boxeur prolo de Philadephie. Last Blood s'est fait étriller par la critique américaine, obligeant même son auteur David Morell, pourtant peu soupçonnable d'être hanté par les scrupules, à exprimer sa gêne. Sylvester Stallone, comme après chaque épisode, a promis qu'on n'y reprendrait plus. Retour sur la saga de John Rambo en quelques scènes cultes et dialogues aux petits oignons.

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Rambo Ted Kotcheff 1982

John Rambo, la machine de guerre mal-aimée de Sylvester Stallone

Ce film est l'une des plus belles réussites de la filmographie de Sylvester Stallone. Tourné dans les montagnes de l'Oregon, ce premier Rambo rend compte de la déshérence des vétérans du Vietnam dans leur propre pays. L'Amérique n'aime pas les perdants de cette sale guerre et leur fait payer. John Rambo, ancien des forces spéciales, va mener une guérilla contre les habitants d'une petite ville qui refuse de l'accueillir. Le film est un survival qui monte en puissance jusqu'au dénouement final où le héros finit en pleurs face au colonel qui en a fait un chien de guerre, incapable de se réinsérer dans la vie civile. Dans une version non retenue par la production, Rambo se suicidait. Vu la suite, on dira que ce fut une décision avisée.

Rambo 2, la mission George Pan Cosmatos 1985

John Rambo, la machine de guerre mal-aimée de Sylvester Stallone

On retrouve John Rambo en prison quelques années à après avoir saccagé la ville de l'Oregon. Son mentor, le Colonel Trautman lui propose une mission au Vietnam pour réunir les preuves que des Américains sont toujours prisonniers du régime communiste. Malgré un budget colossal, le film est un action movie de série B au premier degré sans la finesse psychologique du premier épisode. Sylvester Stallone est bodybuildé pour rivaliser avec Arnold Schwarzenegger qui vient de triompher dans Terminator. Le film adoubé par Ronald Reagan lui a collé la réputation d'un film révisionniste sur le Vietnam. C'est lui faire un bien grand honneur. C'est néanmoins le plus gros succès de la franchise qui place Sly en roi du box-office mondial.

Rambo 3 Peter MacDonald 1988

John Rambo, la machine de guerre mal-aimée de Sylvester Stallone

Même les plus mordus de la franchise en conviennent, ce troisième épisode est tellement caricatural qu'il se classe sans peine dans la série Z. Rambo part en Afghanistan pour sauver le colonel Trautman, prisonnier des Soviétiques. Là-bas, l'ancien Béret Vert prend conscience de l'invasion russe et s'en va prêter main-forte aux Moudjahidines sans jamais oublier le sens de sa mission : sauver son papa de substitution. Peut-on parler de film de propagande quand on atteint le summum de la bêtise ? Rambo qui n'a jamais été un grand bavard, se contente désormais de grogner et de mener à lui tout seul la guerre contre l'Armée Rouge. Le film va se planter au box-office et faire de Rambo un objet de moqueries et de caricatures qui vont tuer le personnage. Bon, juste pour le fun, on passe la réplique culte du Colonel Trautman lors d'un interrogatoire musclé. Ça fait toujours rire...

John Rambo 2008 Sylvester Stallone

John Rambo, la machine de guerre mal-aimée de Sylvester Stallone

Après la catastrophe industrielle de Rambo III, la franchise semble condamner. Sauf que Sylvester Stallone pense qu'il peut sauver son héros en prenant en main ce quatrième opus, du scénario jusqu'à la réalisation. De toute évidence, en lui accolant son prénom, Sly veut revenir aux sources psychologiques du personnage. Le film se situe en Birmanie au temps de la junte militaire. La bonne idée est de montrer un Rambo dénué d'idéologie et totalement nihiliste qui assume l'ultra-violence de la guerre. Car comme il le fait dire à son personnage, seule la violence peut changer la face du monde. Contre toute attente, Stallone s'en sort plutôt bien en assumant un film d'action à la limite du gore et en insistant sur un Rambo vieillissant, presque mort-vivant.

Rambo est devenu objet de parodie

Un personnage atteint le sommet de la pop-culture quand il devient objet de parodie et de moquerie. Rambo est un archétype avec ses cheveux longs, son bandeau, son couteau cranté et son arc. En voici deux exemple qui nous font tordre de rire. Tout d'abord dans Hot Shots II de Jim Abraham avec Charlie Sheen en Rambo plus ahuri que l'original. Et puis dans un sketch des Guignols de Canal Plus dont Sylvester Stallone fut l'une des figures incontournables.

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