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Publié par Philippe LENOIR

Iggy Pop, le survivant du rock, est toujours sur la brèche : Nos cinq titre qui ont forgé la légende de l'Iguane

A 72 ans, Iggy Pop sort un nouvel album intitulé Free comme si on pouvait encore douter de la liberté de celui qui a incarné le rock avec tant de splendeur et de vitalité tout en se dévoilant autodestructeur, sombre et sauvage. On évoque toujours l'Iguane pour son répertoire proto-punk, et la folie scénique qui l'accompagne en oubliant qu'il se montra souvent à son aise dans un répertoire plus apaisé, laissant place aux mélodies qui mettent en valeur sa vocation de crooner, fan de jazz, d'électro, voire de variétés. C'est le cas de cet album élégant qui s'annonce comme une œuvre quasi-crépusculaire, à l'égal de Blackstar, le dernier album de David Bowie qui fut son alter ego à la fin des années 70. On adore déjà le single James Bond avec sa ligne de basse minimaliste, sa montée en puissance tout en rythmes sexy, sa trompette jazzy sur laquelle Iggy plaque son chant impeccable digne d'un générique de 007. Bref, Iggy Pop qui s'est donné corps et âme au rock, se doit d'affiner sa légende. Ce corps noueux, ce visage parcheminé, cette élégance dingue et sexuel, cette voix caverneuse méritent vraiment de notre reconnaissance éternelle. Voici nos cinq standards qui ont fait de James Osterberg, alias Iggy Pop, dit l'Iguane, la rock star ultime qui a toujours vendu son âme au diable en restant intègre à ses valeurs.

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I wanna be your dog 1969

C'est le titre emblématique d'Iggy Pop au sein de son groupe The Stooges qui ouvre la légende d'un chanteur reconnu comme le précurseur du punk. Les guitares désordonnées et saturées s'apparentent aussi au heavy metal naissant. La chanson qui évoque la soumission sexuelle est un hymne primitif scandé par Iggy sur des riffs hypnotiques et répétitifs qui rappellent en effet le punk des Sex Pistols. Sur scène, la chanson permet à l'Iguane de parfaire son personnage de bête de scène capable de se mutiler le corps, d'exhiber son sexe et de se transcender dans une extase théâtrale qui séduira David Bowie. Un standard qui enflamme encore les stades et les festivals.

Lust for life 1977

Iggy Pop n'a jamais couru après les hit-parades,mais ce titre écrit avec David Bowie fut couronné de succès dès sa sortie, mais encore plus en 1996 en étant inscrite dans la bande originale du film Trainspotting. Une merveille de rock'n'roll, une pépite légère qui démarre en trombe avec ce jeu de batterie inspiré du standard Motown des Suprêmes You can't hurry love. Iggy Pop montre toutes les qualités de son chant fait de rage narquoise. Un hit simple et sophistiqué en même temps qui montre un artiste en pleine possession de ses moyens grâce à sa collaboration avec Bowie. Les deux artistes vont d'ailleurs s'inspirer l'un, l'autre pour accoucher de chansons inscrites dans leur légende respective.

The passenger 1977

Sortie sur l'album Lust for life, cette chanson marque une étape dans le répertoire d'Iggy Pop. Ce n'est plus du rock tape dur, mais une chanson qui met en évidence la voix grave et le chant de crooner de l'artiste. Un passage comme l'annonce le titre, qui marque de toute évidence la prise de confiance de l'Iguane dans ses capacités, un effet positif de sa confrontation artistique avec David Bowie. Un classique indémodable qui propulse Iggy Pop dans une autre dimension que le proto-punk qui faisait sa réputation. Moins underground, plus accessible, plus populaire. Dès lors, sans jamais renier sa sauvagerie, Iggy devient vraiment pop.

Nightclubbing 1977

Un vrai tir groupé autour de l'année 1977, ce qui prouve la fièvre créatrice qui réunit Iggy Pop et David Bowie. On quitte définitivement la fièvre punk pour se retrouver dans un style qui évoque déjà la cold wave avec ses synthés oppressants, son piano froid, sa rythmique robotique, ses guitares saturées... Un titre qui monte en pression avec la voix d'outre-tombe d'Iggy Pop. Pas très dansant pour un titre sorti en pleine période disco. Cela fait plutôt penser à une marche zombie assez glauque. Un titre hypnotique, expressionniste et torturé toujours d'une folle modernité.

Louie Louie 1993

C'est un standard du rock des pionniers que reprend Iggy Pop sur scène depuis les années 70 en prenant le soin de modifier les paroles. Il l'enregistre en studio en 1993, mais c'est un titre qu'il s'est tellement approprié qu'elle fait partie intégrante de son répertoire. En concert, c'est l'un des morceaux que le public attend toujours avec ferveur. Elle prouve surtout à quel point Iggy Pop a toujours été un chanteur de rock'n'roll davantage que le parrain du punk. Il y a toujours eu chez lui cette volonté de devenir un classique, malgré ses excentricités. Celles-ci ont, à notre avis, toujours dissimulé les complexes d'un artiste qui ne croyait pas être à la hauteur de ses idoles. Un grand timide introverti, notre Iggy !

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