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Publié par Philippe LENOIR

Charles Aznavour est mort, il y a un an. Nos cinq chansons préférées : Emmenez-moi ; Je m'voyais déjà ; Non,je n'ai rien oublié ; Hier encore ; Et pourtant.

Charles Aznavour est décédé, il y a un an. Monument de la chanson , il eut droit à des funérailles nationales pour avoir fait rayonner la culture française dans le monde. Mercredi 2 octobre 2019, un documentaire intitulé Le regard de Charles, basé sur les films de famille que le chanteur a tourné pendant 60 ans, sort au cinéma. Dans le même temps, comme une vieille malédiction, des soucis fiscaux réapparaissent sur sa dernière tournée. C'est vrai que Charles Aznavour a toujours eu des soucis avec l'administration des impôts au point d'être devenu résident suisse. Mais, foin de toutes ces polémiques, ce qui compte, c'est le legs qu'il nous laisse avec des pépites éternelles de la chanson. Car qui mieux que lui a su nous envelopper de son spleen sur les amours brisées, la noblesse des perdants, la jeunesse envolée, les rêves évanouis... Charles Aznavour aurait écrit plus d'un millier de chansons. Nous en avons choisi cinq qui nous touchent toujours autant.

Emmenez-moi 1967

Peu porté sur le social, Charles Aznavour réussit avec ce titre, peut-être son plus grand succès, à évoquer la difficulté de la condition ouvrière. En quelques mots, il définit avec une science époustouflante, l'univers du narrateur (vers les docks où le poids et l'ennui me courbent le dos) qui rêve des pays exotiques et lointains. Mais le chanteur se contente de cette maxime qui résume assez bien son fatalisme : il me semble que la misère serait moins pénible au soleil. Un vrai chef d’œuvre de chanson populaire.

Je m'voyais déjà 1961

Charles Aznavour met en lumière un chanteur en galère qui n'a jamais connu le succès. Le décalage entre son rêve et sa réalité fait tout le charme triste de cette chanson. On pourrait presque croire que c'est du vécu. Mais si Aznavour a eu du mal à s'imposer comme interprète, il a rapidement conquis le music-hall parisien, notamment Édith Piaf pour y placer ses chansons. Mais on sent chez la vedette toute son empathie pour ce perdant auquel il s'identifie. Émouvant.

Non, je n'ai rien oublié 1971

Une chanson magnifique au format long, typique des regrets nostalgiques des amours de jeunesse qu'affectionne Charles Aznavour. Deux amants se retrouvent après de nombreuses années sans se voir. On comprend que ce sont les parents de la femme qui ont cassé les fiançailles. Chaque couplet est déchirant de beauté : chaque saison était notre saison d'aimer/Et nous ne redoutions ni l'hiver ni l'automne/C'est toujours le printemps quand nos vingt ans résonnent. Magnifique de bout en bout.

Hier encore 1964

Ce fameux drame de la nostalgie cher à Charles Aznavour dans cette chanson vraiment acide. Une ode au pessimisme où le chanteur personnifie un individu qui n'a rien réussi de sa vie. Seul et sans amour, il pleure sur ses vingt ans dont il n'a pas fait grand chose de bien. J'ai fait tant de projets qui sont restés en l'air/J'ai fondé tant d'espoirs qui se sont envolés/Que je reste perdu, ne sachant où aller/Les yeux cherchant le ciel, mais le cœur mis en terre.Beau à pleurer.

Et pourtant 1963

Une chanson de rupture dont le refrain dit : « Je n'aime que toi. ». Les couplets sont beaucoup plus durs car ils évoquent l'oubli de l'être aimé. Une vérité peut en cacher une autre, car la blessure des amours défuntes embrume les sentiments. Mais ce qui ressort, c'est la douleur de la perte de l'être aimé : Quand je pourrai repenser l'avenir/Tu deviendras pour moi qu'un lointain souvenir/Quand mon mal et ma peur/Et mes pleurs vont finir. Rien à redire.

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