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Publié par Philippe LENOIR

Peter Fonda, le Captain America de la contre-culture

Peter Fonda qui vient de décéder à 79 ans, sera resté jusqu'au bout le Captain America du film Easy Rider, mythique road movie qui célèbre ses cinquante ans (voir notre article du 3 août). Le film qui lança cette parenthèse enchantée de création que l'on nomme le Nouvel Hollywood est l'un des moteurs du dernier film de Quentin Tarantino. Peter Fonda en fut l'archétype, celui du beau gosse bien né qui va révolutionner le cinéma avec Dennis Hopper. Il aurait pu se contenter d'être l'héritier qui marche dans les pas de papa Henry, gendre idéal de l'Américain élevé au New Deal de Roosevelt. Car dans la famille Fonda, difficile de se faire un nom entre ce père monumental qui balaie tout le cinéma hollywoodien et une sœur Jane qui démarre en sex symbol Made in USA avant de devenir héroïne de l'opposition de la guerre du Vietnam. Peter démarre sa carrière au cinéma chez le roi de la débrouille Roger Corman, avant d'avoir une idée de génie entre deux volutes de marijuana. «  Deux mecs, des motos, du sexe, de la came et des bouseux en pick-up qui les flinguent. » Le pitch de l'année 69 qui va devenir Easy Rider, le film de la contre-culture réalisé en plein délire pour une poignée de dollars, qui va déferler sur la planète et en rapporter des millions. Peter Fonda, se fait un prénom, celui de Captain America, super-héros défoncé de l'Amérique qui perd ses fondamentaux et ses illusions.

Co-scénariste, co-producteur et vedette du film, Peter Fonda monte sur l'olympe hollywoodien, mais se fera très vite roulé-boulé par manque d'opportunisme et de flair. Il réalise un western crépusculaire et mélancolique qui parait-il, est très bien, intitulé « Un homme sans frontière ». Ensuite, il s'abîme dans des séries B qui roulent des mécaniques avant de réapparaître en vieux beau, second rôle dans de bons films comme L'anglais de Steven Soderbergh, L'or de la vie de Victor Nunez ou Le livre de Jérémie d'Asia Argento. Bref à l'heure des comptes, dans la famille Fonda, Peter a souvent raté le film qui lui aurait permis de gravir les sentiers de la gloire. Mais dans le même temps, Peter Fonda conserve cette image de rebelle éternel qui chevauche une Harley sur les routes de l'Amérique profonde. Avec cette phrase prémonitoire et si mystérieuse qu'il prononce à la fin de Easy Rider  We blew it. Ce qui veut dire : « on a tout merdé, tout foiré... » Une phrase édictée en 1969, mais que l'on peut encore entendre aujourd'hui avec la même vérité, la même acuité. Cet homme, Peter, est bien de la lignée de la famille Fonda qui conserve en elle une part d'Amérique que l'on aime tant, mais qui n'existe en fait que dans leurs film.

http://philippelenoir-popculture.com/2019/10/jane-fonda-de-sex-symbol-a-citoyenne-revoltee-a-bouscule-les-codes-de-la-star-de-cinema.nos-cinq-films-de-reference-barbarella-on-ac

http://philippelenoir-popculture.com/2019/08/pour-celebrer-les-50-ans-d-easy-rider-nos-cinq-scenes-de-cinema-preferes-a-moto-l-equipee-sauvage-la-grande-evasion-terminator-2-mat

 

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