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Publié par Philippe LENOIR

Katy Perry

Katy Perry

C'est devenu un grand classique de la pop music quand une chanson devient un hit : le risque de procès pour plagiat. Katy Perry vient ainsi d'être condamnée pour avoir repris la rythmique d'une chanson du rappeur Marcus Gray pour son tube Dark Horse que la chanteuse avait interprété à la mi-temps du Super Bowl en 2015. Cette faute lui vaut de verser 2,7 millions de dollars au plaignant. L'histoire de la musique regorge de ces différends qui sont parfois tendancieux, souvent évidents. Voici quelques plagiats musicaux qui ont défrayé la chronique musicale et judiciaire.

Robin Thicke/Pharrell Williams contre Marvin Gaye

Ce fut le tube de l'année 2013 pour Robin Thicke et Pharrell Williams. Mais les deux auteurs du hit Blurred Lines, après deux procès retentissants devront verser la moitié de leurs royalties, soit cinq millions de dollars aux ayant droits de Marvin Gaye, le prince de la soul. Car ses héritiers ont reconnu les mesures du tube Got to give it up datant de 1977. L'affaire s'avère assez controversée, car le tribunal a décrété en appel que Blurred Lines avait copié le style musical de l’œuvre de Marvin Gaye. Une appréciation assez floue plutôt éloignée des litiges précédents qui prenaient en compte le degré de similitudes entre les deux chansons, basées sur des critères plus objectifs pour révéler le plagiat.

The Verve contre les Rolling Stones

C'est l'un des plus grands tubes de la brit-pop finissante. Bitter Sweet Symphony par le groupe The Verve s'impose en 1998 comme un classique instantané. Normal, puisque le fameux instrumental de cordes qui accompagne le titre est à mettre au crédit des Rolling Stones. Enfin, il s'agit d'une version instrumentale de la chanson Last Time, signée Jagger/Richards, interprétée par The Andrew Oldham Orchestra. De plus, Richard Ashcroft, le leader de The Verve, avait déclaré le sample de cette ouverture symphonique. Mais le succès international du titre a aiguisé l'appétit du manager des Stones qui a déclenché une procédure de plagiat pour récupérer l'intégralité des droits. Du coup, Mick Jagger et Ketih Richards ont été crédités pendant vingt ans comme les auteurs du tube, récoltant au passage un Grammy Award. Mais au printemps 2019, à la surprise générale, les deux stars ont reversé les royalties de la chanson au chanteur de The Verve.

Michaël Jackson et Rihanna contre Manu Dibango

C'est l'un des plagiats les plus célèbres de la pop music. Sur le titre Wanna be startin' somethin', Michaël Jackson reprend d'évidence le Soul Makossa de Manu Dibango. L'affaire est d'autant plus forte que le titre est l'un des tubes de Thriller, l'album le plus vendu de l'histoire de la pop music. Manu Dibango s'offusque de ne pas être crédité et prend contact avec le Roi de la Pop. Celui-ci reconnaît l'emprunt et propose de dédommager l'artiste camerounais à hauteur de 10 000 francs, soit 1500 € et quelques. Une pacotille que l'artiste africain accepte. Une erreur incroyable d'autant qu'en 2008, Michaël Jackson cède son Soul Makossa pour le hit Don't stop the music de Rihanna. Manu Dibango, cette fois-ci, enclenche une procédure judiciaire, mais sera débouté face à la chanteuse de R'n'B. Manu Dibango affirme avoir trouvé des arrangements financiers plus lucratifs pour son standard sans en dévoiler les montants.

George Harrison contre The Chiffons

Juste après la séparation des Beatles, George Harrison en solo triomphe avec My sweet lord, un titre en forme de chant spirituel pour honorer Krishna. L'artiste qui voue un culte aux religions orientales, affirme néanmoins s'être inspiré du fameux gospel Oh Happy days. Sauf que non, le 3e Beatle a copié He's so fine, une chanson de The Chiffons, un girl group américain. Il suffit d'écouter les deux titres pour se rendre à l'évidence, ce que note d'ailleurs de nombreux journalistes en chroniquant le titre de George Harrison dès sa sortie. Celui-ci sera condamné pour copiage subconscient à verser plus d'un million et demi de dollars aux auteurs de la chanson. Mais Allen Klein, ancien manager des Beatles, va racheter les droits de la chanson, ce qui permettra à ce bon George de payer à peine la moitié de la somme. Are Krishna !

Morris Albert contre Loulou Gasté

Morris Albert, obscur chanteur brésilien, devient, en 1974 une star avec sa chanson Feelings, un standard qui sera d'ailleurs repris par Frank Sinatra. Mais c'est une reprise en français sous le nom Dis-lui par Mike Brant, qui va mettre la puce à l'oreille au créateur de la chanson, Loulou Gasté, mari et mentor de Line Renaud. Celui-ci reconnaît une chanson qu'il a écrite en 1956 pour Dario Moreno, intitulée Pour toi. D'autant que le compositeur français se souvient avoir côtoyé Morris Albert dans les années 60. Pendant une dizaine d'années, le plagiat va faire l'objet d'une longue procédure judiciaire qui, au bout du compte, reconnaîtra la paternité du tube à Loulou Gasté. Même si la somme n'a jamais été dévoilée, on évoque des dizaines de millions de francs de l'époque, ce qui en fait l'un des plagiats les plus chers de l'histoire de la musique. Line Renaud a chanté le titre, mais il faut reconnaître que c'est bien la version de Morris Albert qui reste la plus célèbre.

 

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