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Publié par Philippe LENOIR

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

Quentin Tarantino est il un grand cinéaste ? La question est posée à chaque sortie d'un nouvel opus d'un metteur en scène dans le nom est devenu une marque. C'est en effet un dilemme pour un cinéphile, car Tarantino déjoue assez bien les tentatives d'exploration de son œuvre. Celui-ci se plaît à mettre en scène sa propre cinéphilie avec toujours plus de nostalgie, de fétichisme et de paroxysme. Après tant d'années au sommet, Quentin Tarantino poursuit son travail d'admiration pour le cinéma, son histoire, ses acteurs, ses drames et ses maîtres. C'est peut-être la limite d'un cinéma post-moderne rutilant, tonitruant, sanglant mais qui ne va plus vraiment de l'avant. C'est aussi la fabrication d'une œuvre en soi, la marque d'un auteur qui cherche à raviver ses obsessions pour l'art majeur du XXe siècle. Le cinéma de Quentin en cinq scène cultes avant d'aller voir Il était une fois à Hollywood, son dernier film avec Leonardo DiCaprio et Brad Pitt.

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Le bavardage sur les pourboires dans Reservoir Dogs 1992

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

Quentin Tarantino adore les grandes scènes de dialogue qui évoquent des sujets les plus variés. L'un des plus fameux reste le questionnement entre John Travolta et Samuel L.Jackson sur les burgers européens dans Pulp Fiction. On pourrait citer également la scène de la taverne dans Inglorious bastards avec son jeu de devinettes sur King Kong ou les longs conciliabules dans Les huit salopards. Mais on adore vraiment la longue scène dans le dîner en ouverture de Reservoir Dogs où les gangsters donnent leur version des paroles de Like a virgin de Madonna, suivie d'un débat pour savoir s'il faut donner un pourboire à la serveuse. Grand admirateur de la Nouvelle Vague française, Tarantino rend ainsi hommage aux conversations dans les cafés parisiens chez Godard, Rohmer ou Eustache. C'est aussi une manière pour lui de se souvenir des conversations enfiévrées entre cinéphiles à la sortie d'une projection.

Le concours de danse dans Pulp Fiction 1994

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

Non seulement Quentin Tarantino remet au premier plan John Travolta, mais il ose conduire l'acteur sur une piste de danse, là où il devint une superstar mondiale dans La fièvre du samedi soir. Le plus incroyable, c'est que la magie opère aussitôt. John Travolta en quelques gestes et déhanchements de twist en chaussettes sur une chanson de Chuck Berry, vole la scène à Uma Thurman. Car quand Travolta danse, personne ne peut rivaliser. En fait, l'acteur est dément dans toute la scène dans le club, totalement sous l'emprise de la drogue. De son entrée où il croise ahuri  des sosies de stars hollywoodiennes à son écoute vaseuse de Uma Thurman qui lui raconte son prochain film qui se trouve être le scénario futur de Kill Bill, on redécouvre un acteur incroyable. Tarantino a remis en selle d'autres icônes des seventies dans ses films comme Pam Grier dans Jackie Brown, David Carradine dans Kill Bill, Kurt Russel dans Boulevard de la mort ou Jennifer Jason Leigh dans Les huit salopards.

Le pétage de plomb de Robert de Niro dans Jackie Brown 1997

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

Quentin Tarantino est de fait un grand admirateur de Martin Scorsese. Même fascination pour la violence, pour les bavardages, la musique rock des années 70 et 80... Sans parler de leur culture encyclopédique sur le cinéma mondial. Tarantino a même recruté Leonardo DiCaprio et Margot Robbie dans Il était une fois à Hollywood, qu'on avait découvert en couple sulfureux dans Le loup de Wall Street. Mais c'était déjà visible en 1997 dans Jackie Brown, polar hommage à la Blaxploitation, où l'on retrouve Robert de Niro en gangster défoncé et psychopathe. La scène sur le parking du centre commercial entre De Niro et Bridget Fonda aurait pu se retrouver dans un film de Scorsese.

Quand Uma Thurman est enterrée vivante dans Kill Bill 2004

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

C'est le film sampling de Quentin Tarantino qui sortit en deux parties où le réalisateur rend un hommage passionnant et jubilatoire au cinéma bis mondial. Si le premier volume se concentre principalement sur la passion de Tarantino pour le cinéma asiatique, le second est davantage porté par l'esthétique des westerns de Sergio Leone. Mais il s'intéresse également à un autre plan de la production italienne, le film d'horreur. Dans la séquence où Uma Thurman est enterrée vivante, Quentin Tarantino rend hommage à Lucio Fulci, petit maître du giallo et de l'horreur dans le film Frayeurs. Tarantino s'en sort mieux d'ailleurs, car chez lui l'ironie est une pièce maîtresse, notamment quand le patron du dîner croit voir une femme zombie sortir du cimetière et s'installer à son bar. Une des meilleures séquences de ce volume 2 et qui dit à quel point Tarantino est un cinéaste redevable de tous ses maîtres, petits et grands

Le massacre final dans Django Unchained 2013

Le cinéma de Quentin Tarantino ausculté en cinq scènes cultes

Plus qu'un hommage au western italien, Django Unchained est un film sur l'esclavage dans le sud des États-Unis. A l'instar de Inglorious bastards, son film de guerre qui met en scène des soldats juifs qui tuent des nazis, ce western semble entièrement fait pour amener à son massacre final. Une tuerie sanglante où le pistolero black joué par Jamie Foxx élimine des dizaines d'esclavagistes blancs. La séquence est tellement gore, tellement irréaliste qu'elle désamorce tout esprit de sérieux dans l'esprit de Tarantino. A l'image des mercenaires juifs qui exécutent Hitler à la mitraillette dans une salle de cinéma en feu. Comme Alexandre Dumas, le cinéaste se veut un conteur d'une fantaisie historique dont il maîtrise les tenants et les aboutissants. C'est vrai qu'il prend beaucoup de risques sur deux pans d'histoire très sensibles, mais il s'en sort grâce à une foi inébranlable dans le cinéma.

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