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Publié par Philippe LENOIR

Zorro, le justicier masqué derrière lequel se cache Don Diego de la Vega, est apparu en août 1919 dans un magazine illustré américain, imaginé par le romancier Johnston McCulley. Cent ans plus tard, le héros reste populaire avec la rediffusion éternelle de la série de Walt Disney sur France 3. Malheureusement, le justicier n'a jamais suscité l'intérêt d'un grand cinéaste, même si des projets sont régulièrement annoncés. A ce jour, Zorro se contente d'être le grand-père ringardisé des super héros qui triomphent sur grand écran. Retour sur un mythe de la pop-culture en trois étapes.

Zorro, papa spirituel de Batman, fête son centenaire en attendant Tarantino

Zorro est le père spirituel de Batman

Quand Johnston McCulley publie en feuilleton sa première aventure de Zorro, il installe les bases du super-héros moderne dans la catégorie de ceux qui n'ont pas de pouvoirs surnaturels. Le lecteur puis le spectateur, est dans la connivence sur l'identité de Zorro. Le jour, il est Don Diego de la Vega, fils de bonne famille de l'aristocratie californienne qui se transforme la nuit en Zorro, le Renard Masqué. Sa panoplie lui permet d'être reconnue de tous en conservant son anonymat. D'autant qu'il signe ses exploits d'un Z, ce qui en fait un précurseur du logo publicitaire simple et efficace. Son seul allié est son valet muet, mais pas sourd, Bernardo. Mélange de Robin des Bois pour sa défense des déshérités et de D'Artagnan pour sa dextérité à l'épée, Zorro a lui-même engendré un héritier évident en Batman, le chevalier noir. Milliardaire désinvolte le jour, chauve-souris la nuit, son logo dans le ciel de Gotham, avec comme seul ami Alfred son majordome, la référence est évidente. D'ailleurs, Bob Kane, le créateur de Batman le reconnaît puisque les parents de Bruce Wayne sont tués en sortant d'un cinéma où ils ont vu Zorro. Autre point commun avec Batman, Zorro a toujours connu un succès considérable en bandes dessinées où le personnage plus complexe est traité entre ombres et lumières. En revanche, Batman a engendré d'excellents films, bien supérieurs aux productions consacrées à Zorro.

bande dessinée de Batman

bande dessinée de Batman

Zorro, le héros d'une série indémodable

Zorro, papa spirituel de Batman, fête son centenaire en attendant Tarantino

Zorro est surtout connu pour la série télévisée produite par Walt Disney en 78 épisodes, diffusés à partir de 1957 sur ABC aux États-Unis. En France, la série débarquera en 1965 et fera date dans l'histoire de la télévision. Walt Disney qui ne croit pas au succès de Zorro, rachète les droits pour 5000 dollars et décide de tourner la série en noir et blanc. L'acteur qui joue Zorro, Guy Williams, possède dans la version originale un cheveu sur la langue. Mais, en France, la série bénéficie d'un doublage exceptionnel qui participera de son succès. Mais c'est indéniablement le générique qui marquera des générations de spectateurs avec une chanson culte qui vante les exploits de Zorro. Ce sont aussi les images de ce générique qui frappent aujourd'hui par leur modernité : Zorro qui signe l'écran d'un Z qui tourbillonne de la pointe de son épée, l'éclair d'un orage qui forme un Z, la silhouette de Zorro sur son cheval cabré, le style expressionniste avec un duel en ombre chinoise... Imparable ! Fait également incroyable, la série en version colorisée est diffusée le dimanche soir sur France 3 depuis 2008.

Zorro sur grand écran, beaucoup de souffrance

Zorro, papa spirituel de Batman, fête son centenaire en attendant Tarantino

Dès sa création, Zorro intéressa Hollywood. La superstar du cinéma muet Douglas Fairbanks s'empare du personnage dans Le Signe de Zorro dès 1920. Un Zorro virevoltant, une fleur entre les dents, qui se bât comme un beau diable, la légende est en marche... Le succès de ce premier film en engendre une dizaine jusqu'au remake du Signe de Zorro en 1940 réalisé par Rouben Mamoulian avec Tyrone Power dans le rôle du héros. Cette version soignée, mais trop sage, a longtemps fait office de référence. Car le pire était à venir... Zorro va engendrer des dizaines de films à partir des années 50, notamment dans des productions mexicaines, puis européennes où le héros est assez malmené. En Italie notamment où Zorro croise Maciste, les Trois mousquetaires, des fantômes dans des séries Z insensées jusqu'à sombrer dans l'érotisme kitsch des années 70. Du coup, le Zorro de Duccio Tessari en 1975 avec Alain Delon surnage sans peine comme divertissement populaire de qualité. En fait, il faudra attendre 1998 pour voir un Zorro digne de sa réputation sur grand écran : Le masque de Zorro de Martin Campbell avec  un Antonio Banderas sexy et charmeur. Un blockbuster hollywoodien au charme tenace où Zorro (Anthony Hopkins) en Monte-Christo vieillissant, forme un successeur. On y croise aussi l'intrépide fille de Zorro incarnée par Catherine Zeta-Jones. Son succès donnera une suite La légende de Zorro (2005) qui reprendra les ingrédients du premier sans en renouveler l'esprit. Depuis, pas grand chose sinon l'annonce de projets qui ne voient pas le jour. Le dernier en date, celui de Quentin Tarantino qui ferait se croiser son héros Django avec Zorro. Sur le papier, ça fait envie mais Tarantino est un spécialiste des effets d'annonces sans lendemain.

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