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Publié par Philippe LENOIR

Ophélie Bau dans Mektoub my love canto uno

Ophélie Bau dans Mektoub my love canto uno

Abdellatif Kéchiche, le réalisateur controversé qui a provoqué un scandale lors de la présentation au festival de Cannes de son dernier film, Mektoub My love : Intermezzo, se défend de toute manipulation sur son actrice, Ophélie Bau, dans une scène de sexe explicite, un cunnilingus, qui dure treize minutes. A croire que tous les festivaliers ont chronométré la fameuse séquence qui risque de bouleverser le destin de la jeune actrice. Kéchiche dénonce une conspiration de toutes ses égéries précédentes (Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Hafsia Herzi et Sara Forestier) pour obliger Ophélie Bau à déserter ses obligations lors de la présentation du film. De fait, celle-ci, après avoir monté les marches lors de la projection officielle, a disparu... Et d'ailleurs, à ce jour, personne n'a, semble-t-il, eu de ses nouvelles.

Ophélie Bau, la principale victime

Abdellatif Kéchiche martèle que son actrice a tourné cette scène en toute connaissance de cause, sans avoir été manipulée, encore moins enivrée, comme l'affirmait un participant du tournage dans le quotidien Midi Libre. Le réalisateur s'appuie sur une interview donnée par Ophélie Bau au magazine Gala où celle-ci semble, en effet, assumer les scènes sexuelles du premier segment de ce qui s'annonçait comme une trilogie. A l'époque de l'interview, le second segment qui fait tant scandale, était en voie de s'achever. Difficile de démêler le vrai du faux à cette heure. Pourtant, déjà, on pressent que la principale victime du scandale sera cette jeune actrice, surtout si elle assume la liberté sexuelle qu'elle affichait dans cette interview. Et si c'est le cas, il lui faudra du cran car l'opinion publique ne lui fera pas de cadeau.

Zahia Dehar dans Une fille facile

Zahia Dehar dans Une fille facile

Zahia Dehar : « la femme gène encore dans cette société »

On l'a encore vu, il y a quelques jours, avec les commentaires acerbes sur l'interview de Zahia Dehar sur le plateau de l'émission Quotidien. Son attitude, ses regards, son visage, son physique ont fait l'objet de moqueries d'une méchanceté insensée. Car celle-ci continue d'assumer sa liberté sexuelle en jouant dans son premier film qui s'intitule, il faut le faire, Une fille facile. Et d'en remettre une couche sur le plateau en disant : «  J'ai envie de me faire respecter en mini-jupe et talons aiguilles. Si pour obtenir du respect, il faut se travestir en homme, c'est bien la preuve que la femme gêne encore dans cette société. » Ophélie Bau pourra-t-elle en faire autant ou devra-t-elle comme tant d'actrices faire amende honorable. Comme Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos qui ont accusé Abdellatif Kéchiche de manipulation sur le tournage de La Vie d'Adèle.

Emmanuelle Béart dans L'enfer de Claude Chabrol

Emmanuelle Béart dans L'enfer de Claude Chabrol

Emmanuelle Béart, un corps de pute sur une tête d'ange

Comme Valérie Kaprisky qui, dans les années 80, triomphe nue dans La Femme Publique et L'Année des méduses, mais en restera marquée à vie au point de refuser d'autres rôles sulfureux. « Personne n'osait s'attaquer aux metteurs en scène et je suis devenue la cible idéale. On m'a perçue comme une fille hystérique et provocante... » Il y a aussi le cas dramatique de Maria Schneider qui ne se remettra jamais de son rôle dans Le dernier tango à Paris de Bernardo Bertolucci en n'assumant jamais d'être l'icône de la libération sexuelle des années 70. Ces actrices sont aujourd'hui considérés comme des victimes de la manipulation de réalisateurs toxiques et bénéficient de la compassion de l'opinion. Ce n'est pas le cas pour Emmanuelle Béart qui a toujours revendiqué sa nudité à l'écran et qui se fait toujours lyncher à 55 ans sur les réseaux sociaux pour son physique et sur son mec plus jeune qu'elle. L'actrice qui souriait quand Claude Chabrol la décrivait ainsi : « un corps de pute sur une tête d'ange ».

Brigitte Bardot sans jamais rien renier

Cela nous ramène en 1962 quand Brigitte Bardot triomphait en incarnant au cinéma la jeune femme naturelle et libérée qu'elle était dans la vie. Et on se dit que les temps ont, dans le fond, peu évolué. Car Bardot fut, elle aussi, conspuée, moquée, détestée pour avoir décidé d'être une femme qui assume son corps et sa sexualité sans jamais rien renier. A l'heure d'Internet, autant dire que sa situation serait quasiment intenable. Dans le film de Louis Malle intitulé Vie privée, Brigitte Bardot qui joue son propre rôle, se retrouve dans un ascenseur où elle est reconnue par la femme de ménage qui se met à l'insulter (voir la vidéo). Si Ophélie Bau connaît cette séquence, qu'elle sache si elle assume son rôle chez Kéchiche, qu'elle subira sans doute ce genre de mésaventure. Les actrices sont encore enfermées dans ces dilemmes que les hommes ne connaîtront jamais. D'ailleurs, qui se soucie de savoir si le jeune acteur qui a pratiqué ce fameux cunnilingus de treize minutes a été manipulé...

 

 

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