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Publié par Philippe LENOIR

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

Lino Ventura aurait eu cent ans. L'immigré italien qui démarra comme catcheur fut adoubé par Jean Gabin, rivalisa avec Jean-Paul Belmondo et Alain Delon et s'impose encore aujourd'hui comme la référence du jeu d'acteur pour toutes les générations. Car Lino Ventura au cinéma, c'est une certaine idée d'être un homme, un vrai... Voici les cinq rôles qui, selon nous, ont construit la réputation d'un vrai mec sur grand écran.

Classe tous risques Claude Sautet 1960

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

C'est le premier film de Claude Sautet, un film noir, sec et nerveux tellement réussi qu'on dirait du Melville. Lino Ventura y incarne un gangster italien qui se réfugie en France avec ses deux enfants, tandis que sa femme se fait tuer en traversant la frontière. Traqué, il trouve de l'aide auprès d'un gangster français joué par Jean-Paul Belmondo pour remonter vers Paris. Lino Ventura joue un homme dépassé par son code de l'honneur dans un monde qui n'en a que faire. Père aimant et fauve pris au piège, Lino Ventura aborde avec ce rôle, un jeu nuancé où le doute l'emporte sur la rage. Après s'être imposé dans le cinéma français dit académique avec Jean Gabin en modèle, Lino Ventura montrait sa capacité à jouer de manière plus naturelle, plus fragile, entraîné par un Belmondo, symbole de la Nouvelle Vague.

Ne nous fâchons pas Georges Lautner 1966

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

Lino Ventura est devenu un acteur très populaire grâce à la trilogie parodique réalisée par Georges Lautner et dialoguée par Michel Audiard. Dans Les Tontons Flingueurs, Les Barbouzes et Ne nous fâchons pas, il excelle à jouer les gangsters pour rire qui finit par donner des bourre-pifs après avoir longuement tenté de garder son self-control. A titre personnel, on a toujours préféré Ne nous fâchons pas aux fameux Tontons, par sa volonté d'aller plus loin dans les gags, les baffes et les macchabées. En plus, on adore quand Lino le malfrat propre sur lui s'en prend à des mods anglais aux cheveux longs. Et sa façon de séduire Mireille Darc est un modèle de timidité et d'assurance. Lino Ventura, s'il est devenu un acteur culte, doit beaucoup à cette trilogie indémodable qui vieillit mieux que l'Emmerdeur où il incarnait à nouveau un tueur à gages au bord de la crise de nerfs.

L'armée des ombres Jean-Pierre Melville 1969

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

Le film de référence sur la Résistance francaise dans lequel Lino Ventura incarne un chef de réseau gaulliste dont le visage trahit la détermination. L'acteur tout en émotion retenue, trouve avec Melville, un réalisateur à sa mesure. Même si le film est très documenté, il conserve le maniérisme du cinéaste pour lequel Lino Ventura semble d'évidence fait. Celui d'un homme énigmatique, solitaire, qui parle peu, mais dont le regard profond évoque le sens du devoir, de l'honneur et de la patrie. Lino Ventura dans ce film, est une figure abstraite qui joue à merveille avec son corps et son visage. Une performance de premier ordre, car elle s'exprime par sa seule présence, à l'instar des plus grands acteurs américains de l'époque. Magistral dans un film d'une modernité intacte.

La bonne année Claude Lelouch 1973

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

Lino Ventura joue encore les gangsters, mais surtout un homme amoureux si attachant que le film jouit aujourd'hui d'un culte assez rare dans la filmographie de Claude Lelouch. Le réalisateur qui a le chic pour créer des couples auxquels le spectateur s'identifie, se surpasse avec celui formé par Lino Ventura et Françoise Fabian. Le macho simple et la bourgeoise intello fusionnent à chaque scène sur des dialogues étincelants. Ils sont tous deux irrésistibles, notamment dans des scènes où on sent une part d'improvisation qui sonne si juste. Le film pourfend le vernis culturel au profit du sentiment vrai, ce qui pourrait apparaître un poil démago, sauf quand c'est Lino. La fameuse scène du réveillon où un invité lui demande comment il choisit un film sans avoir lu les critiques, est l'une des plus jubilatoires que l'on connaisse.

Garde à vue Claude Miller 1981

Lino Ventura aurait eu cent ans : cinq bonnes raisons de penser qu'il a été l'homme qu'on rêve d'être

L'un des huis clos les plus célèbres du cinéma français qui met en scène deux acteurs aux antipodes l'un de l'autre, mais qui font des étincelles sur les dialogues au scalpel de Michel Audiard. Lino Ventura, tout en détermination retenue, tient la dragée haute à Michel Serrault tout en veulerie tragique. C'est Serrault qui aura le César du Meilleur acteur, mais Lino Ventura l'aurait bien mérité. Car dans un rôle moins payant que celui de son partenaire, l'acteur démontre une maîtrise dans le jeu pour exposer les failles et les doutes de son commissaire, mais aussi pour développer sa manière d'être retors pour humilier son contradicteur. La modernité de son jeu reste intemporelle, car son principe est toujours d'être un ton en dessous. Une marque de fabrique qui fait que Lino Ventura reste une influence majeure, sans doute la plus citée par les jeunes générations admiratives d'un style qui fait l'homme.

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