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Publié par Philippe LENOIR

Johnny Clegg, le zoulou blanc qui contribua à la libération de Nelson Mandela

La mort de Johnny Clegg à 66 ans nous fait un peu bizarre, car on avait un peu perdu de vue celui qu'on nommait le zoulou blanc au milieu des années 80. Sûrement parce que la libération de Nelson Mandela et la disparition du régime d'apartheid en Afrique du Sud ont épuisé la source d'inspiration de ce Britannique qui décida d'être noir dans le pays où ce fut longtemps la couleur du désespoir. Aussi parce que sa musique, qui mixait les rythmiques africaines et les mélodies pop occidentales, n'avait pas survécu au temps. Trop mainstream comme on dit aujourd'hui, trop world FM disait-on hier... Sur le plan artistique, on peut préférer Graceland, l'album mythique de Paul Simon qui fusionna le folk américain avec les chants des towsnships sud-africains à la même époque. Mais il y a une part de snobisme dans ce choix. Surtout, Johnny Clegg, au-delà du musicien, était un artiste subversif qui prit de vrais risques. Car le pire affront qu'il fit au régime blanc d'Afrique du Sud, fut de promouvoir le métissage au sein de ses groupes Juluka et Savuka. Dans le clip de Scatterling of Africa, le monde entier découvrit un Blanc et un Noir exécutant des danses tribales ensemble.

 

« C'est de la musique

et de la danse

qui me mettent

en paix avec le monde »

 

Une chorégraphie spectaculaire, mais surtout parfaitement synchronisée entre les deux hommes comme s'ils ne faisaient qu'un. Ce n'est pas un hasard si Nelson Mandela rendit hommage à Johnny Clegg en le rejoignant sur scène en 1997 à Francfort lors de l'interprétation d'Assimbonanga. Cette chanson qui évoquait l'emprisonnement de Mandela, fut un hymne à la résistance. Mais le Président de la nation arc-en-ciel était encore plus sensible au fait que Johnny Clegg symbolisa l'union du blanc et du noir. « C’est de la musique et de la danse qui me mettent en paix avec le monde » déclara-t-il. Car c'est bien de ça dont il fut question dans l’œuvre de Johnny Clegg. La fusion de deux cultures pour rassembler une Afrique du Sud, déchirée par ses origines zouloues et son histoire coloniale. Le pays pleure cet Anglais né dans les brumes de Manchester, mort au soleil de Johannesbourg. Dans sa terre d'Afrique qu'il contribua grandement à populariser à travers le monde. Une popularité qui libéra Mandela et permis à l'Afrique du Sud de redresser la tête. Pour cela, la musique de Johnny Clegg mérite déjà d'être réévaluée.

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