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Publié par Philippe LENOIR

Joan Baez l'égérie pop folk révolutionnaire, fait ses adieux à la France

C'est un pan de l'histoire de la pop music qui a fait ses adieux à la France en jouant lundi 22 juillet dans le centre historique de Perpignan. Joan Baez est un monument de la chanson qui a connu en France une immense popularité car elle représentait les valeurs révolutionnaires de la contre-culture des années 60 et 70. Elle fut de tous les combats de la gauche américaine, mais elle fut également une artiste de talent, une chanteuse à la voix pure, qui fit du folk un genre majeur de la musique moderne. Elle est devenue de son plein gré l'archétype de l'artiste engagée à l'américaine qui entraîna dans son sillage pas moins que Bob Dylan, Joni Mitchell et Bruce Springsteen. Voici cinq moments clés qui font de Joan Baez un mythe de la musique moderne.

http://philippelenoir-popculture.com/ 2019/08/woodstock-le-sommet-et-la-fin-du-flower-power-nos-cinq-chansons-preferees-a-la-mode-hippie.html

Joan Baez et Bob Dylan à la marche de Washington

Joan Baez et Bob Dylan à la marche de Washington

Joan Baez chante à la Grande Marche des Droits civiques

C'est le premier engagement politique de Joan Baez au début des années 60. Elle est déjà une vedette de la scène folk quand elle rencontre Martin Luther King, le leader de la cause des droits civiques. Elle adhère au mouvement et milite pour la fin de la ségrégation dans les Etats du sud et pour l'égalité pour les afro-américains dans toute l'Amérique. Le 28 août 1963, elle entraîne son protégé Bob Dylan à participer avec elle à la Marche de Washington qui réunit un million de personnes devant le Capitole. Elle monte à la tribune pour entonner We shall overcome, un gospel du début du XXe siècle devenu une protest-song pour le peuple noir et l'hymne de la lutte des droits civiques. Joan Baez interprétera cette chanson sur les campus des universités américaines tout au long de son compagnonnage avec Martin Luther King.

Elle prit Bob Dylan sous son aile pour en faire une star

Bob Dylan débarque à Greenwich Village, le cœur de la bohème folk de New York, avec une seule idée en tête : rencontrer son idole Joan Baez qui connaît un succès fulgurant au début des années 60. Joan Baez tombe sous le charme illico et perçoit en Dylan le poète, mais aussi le protest-singer dont l'Amérique a besoin. Elle affiche le rouge révolutionnaire quand lui se voit davantage en beatnik individualiste. Néanmoins, les deux artistes vont vivre deux ans d'une grande histoire d'amour. Sur le plan artistique, Bob Dylan profite de la popularité de Joan Baez, tandis qu'elle modernise son répertoire grâce à lui. Néanmoins, quand Bob Dylan se convertit à la guitare électrique pour devenir la plus influente pop star de son temps, Joan Baez comprend qu'il est temps pour elle de le quitter. Elle continuera toute sa carrière à chanter Dylan. Les deux ex-amants se retrouveront de manière épisodique sur scène jusqu'en 1984 à Nice (la vidéo ci-dessous) où ils reprennent Blowin in the wind avec Santana à la guitare.

Joan Baez enceinte chante au festival de Woodstock

Le 15 juin 1969, à plus de minuit, Joan Baez clôture la première journée du festival de Woodstock, le rassemblement de la jeunesse hippie dans la campagne de l’État de New York. Car Joan Baez, égérie de la contre-culture, adhère aux idéaux du flower power finissant. Sans se démonter, elle monte sur scène seule avec sa guitare et capte les centaines de milliers de spectateurs par la seule force de sa voix cristalline. Moment particulièrement intense, son interprétation de la chanson Joe Hill, hommage à un syndicaliste accusé de meurtre et exécuté après un procès controversé. Car même chez les hippies englués dans la boue et les drogues hallucinogènes, Joan Baez n'en n'oublie pas pour autant d'exprimer ce qui l'anime au plus haut point : les luttes sociales. Pour la petite histoire, Joan Baez est enceinte de celui qui sera son seul enfant Gabriel Harris. Le père David Harris, militant pacifiste, vivra avec Joan Baez de 1968 à 1973.

Here's to you, un hymne révolutionnaire signé Ennio Morricone

C'est sans doute la chanson la plus célèbre de Joan Baez que le public entonne a cappella dès qu'il entend les premières mesures à la guitare. La musique est signée de l'immense compositeur italien Ennio Morricone, les paroles sont écrites par Joan Baez. C'est d'ailleurs la chanson qui illustre un film intitulé Sacco et Vanzetti qui raconte le sort de deux anarchistes italiens condamnés à mort aux États-Unis en 1920 pour des braquages qu'ils n'ont pas commis. Morricone a raconté comment il est allé en voiture à Saint-Tropez pour rencontrer Joan Baez avec sa mélodie sous le bras, comment le texte a été écrit à la va-vite et la chanson enregistrée un 15 août à Rome. Dans les années 70, Here's to you est un tube mondial repris dans toutes les manifestations révolutionnaires. Même Tino Rossi et Mireille Mathieu reprendront la chanson en français.

Joan Baez ouvre le Live Aid à Philadelphie

Le 13 juillet 1985, le double concert du Live Aid au stade Wembley de Londres et au JFK stadium de Philadephie réunit les plus grandes stars de la pop music mobilisées contre la famine en Ethiopie. A Philadephie, c'est Joan Baez qui ouvre le concert géant devant une foule en extase. L'égérie des années 60 continue d'être un symbole fort pour les Américains. Même si ce concert de charité ne correspond pas forcément à son idéal révolutionnaire, Joan Baez adhère au mouvement humanitaire en chantant a cappella We are the world, la chanson du Live Aid américain écrite par Michaël Jackson. Et ça fonctionne car Joan Baez sait comme personne prendre une chanson et en faire à sa manière une protest-song qui transcende le public.

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