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Publié par Philippe LENOIR

Goldorak, le robot des temps nouveaux qui bouleversa la génération télé

Go Nagai, créateur de Goldorak, est l'invité d'honneur de Japan Expo qui se tient jusqu'au 7 juillet à Villepinte. Si ce grand nom de la culture manga n'est connu que des fans, celui de Goldorak conserve une notoriété incroyable en France. Le robot des temps nouveaux comme on l'appelait, fut un événement majeur de la fin des années 70 dans l'histoire de la télévision et un marqueur pour la jeunesse de l'époque. Preuve de cet engouement toujours perceptible, cette sculpture géante de Goldorak, installée sur un rond-point de la ville de Thiers (Puy-de-Dôme), devenue une attraction touristique pour la capitale de la coutellerie. Conçue par deux ferronniers locaux pour les quarante ans de la diffusion du dessin animé sur Antenne 2, la statue ne devait rester que deux mois pour les fêtes de fin d'année. Mais face au buzz, la municipalité a décidé de prolonger son exposition au moins jusqu'à la fin de l'été.

Goldorak, le robot des temps nouveaux qui bouleversa la génération télé

Goldorak superstar en couverture de Paris-Match

C'est donc le 3 juillet 1978 que Goldorak apparaît sur le petit écran dans l'émission de Dorothée Récré A2. Un bouleversement, car c'est la première production animée japonaise diffusée en France. A l'époque, le dessin animé à la télévision reste essentiellement américain comme Scoubidou ou européen à l'instar de Calimero. Goldorak, par son graphisme, ses héros, son univers futuriste et totalitaire, modifie les codes de la fiction pour la jeunesse. Le succès est immédiat et devient un véritable phénomène de société dans un paysage télévisuel à trois chaînes. En fin d'après-midi à l'heure où il est diffusé, certains épisodes dépassent les 90% d'audience. Goldorak superstar, fait la couverture de Paris-Match et déchaîne les passions.

Goldorak, le robot des temps nouveaux qui bouleversa la génération télé

Actarus pour les garçons, Candy pour les filles

Gueule-de-rat comme l'appelle ses opposants, provoque un déchaînement de critiques sur cette japoniaiserie violente qui abrutit la jeunesse de France. Avec le recul, une telle virulence apparaît pour le moins exagérée. D'ailleurs, ceux qui critiquaient ce manga n'ont sans doute jamais saisi que le vrai héros n'était pas Goldorak, mais le prince Actarus qui pilote le robot aux cornes dorées. La jeunesse s'identifiait à ce personnage mélancolique, un extra-terrestre prêt à se sacrifier pour défendre la planète Terre attaquée par les armées de Vega. Enfin surtout les garçons, car les filles, dans le même temps, découvraient Candy, l'autre phénomène manga de l'époque. Mais les deux productions possèdent beaucoup de points communs dans le sens où elles mettent en scène des adolescents solitaires confrontés à la fin de l'enfance et les premières désillusions amoureuses... Ce sont ces thèmes absents jusqu'alors de l'animation télévisuelle, qui vont provoquer l'adhésion de la jeunesse.

Albator, les mangas et Miyazaki

Néanmoins, Goldorak ferait bien rire les jeunes d'aujourd'hui. Son animation était rudimentaire avec une production de sept images par seconde par souci d'économie. Le scénario s'affirmait d'un manichéisme à toute épreuve avec les très gentils et les très méchants. Quand à la violence, elle se réduisait à entendre Actarus commandant Goldorak dire fulguro-poing, astéro-hache et autre corno-fulgure pour mettre en miette les tas de ferrailles du camp d'en face. Même l'idée que Goldorak était le cheval de Troie d'une invasion de la production japonaise ne résiste pas au temps. Bien sûr, Goldorak fut suivi par Albator, ouvrit la porte aux mangas, aux studios Ghibli de Miyazaki... Mais à l'heure de l'hégémonie Disney avec ses franchises Marvel et Star Wars déclinés sur petit et grand écran, le tsunami japonais annoncé par le phénomène Goldorak, ne s'est pas concrétisé au-delà d'un certain cercle d'initiés.

Pacific Rim de Guillermo Del Toro

Pacific Rim de Guillermo Del Toro

Influence sur Terminator ou Transformers

En fait, cette culture manga n'est pas devenue hégémonique en soi, mais elle a influencé en profondeur l'industrie du divertissement occidental qui se l'est appropriée. Il suffit de voir les sagas Terminator, Robocop, Transformers ou Pacific Rim pour voir à quel point Goldorak a été déterminant dans l'imaginaire de ceux qui pilotent ces blockbusters à Hollywood. Désormais, le robot des temps nouveaux est une madeleine de la génération télé dont curieusement on retient davantage la chanson du générique que la trame des épisodes. D'ailleurs, une rediffusion n'est peut-être pas souhaitable, sauf pour les fans les plus hardcore. Et si la puissance de Goldorak tenait au fait que toute une génération d'enfants consommait le même programme en même temps à la télévision devant le regard dépité de leurs parents ? Un phénomène impossible à reproduire aujourd'hui face aux nouveaux modes de consommation de la production audiovisuelle. C'est peut-être dommage !

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