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Publié par Philippe LENOIR

Brian Jones, le dandy sacrifié pour la légende des Rolling Stones

Il y a cinquante ans, le 3 juillet 1969, Brian Jones était retrouvé noyé dans sa piscine, tout juste un mois après avoir été évincé des Rolling Stones, le groupe qu'il avait créé et dont il fut le leader avant que Mick Jagger et Keith Richards définissent le son du plus grand groupe de rock'n'roll du monde. Et un demi-siècle après, alors que les Stones viennent d'entamer une énième tournée des stades américains, le spectre de Brian Jones continue de hanter la légende du rock. Car il est l'un des membres du club morbide des 27, l'âge où sont morts sept idoles du rock consumés par la gloire. Parmi eux, des proches du guitariste des Rolling Stones, notamment Jimi Hendrix et Jim Morrison. Le chanteur des Doors, ira jusqu'à écrire un poème en hommage à Brian Jones. Il y a encore plus morbide, puisque en cette année du cinquantenaire, la ville de Cheltenham, banlieue chic de Londres où naquit Brian Jones organise un circuit touristique des lieux fréquentés par la rock star.

Jagger et Richards prennent les rênes

Ce qui prouve que son souvenir reste vivace, sans doute, à cause du mystère de sa mort qui nourrit des hypothèses plus ou moins farfelues dont celle d'une exécution commandée par Mick Jagger et Keith Richards. S'il semble acquis que Brian Jones était sous l'emprise de drogues au moment de sa noyade, son possible assassinat avait été relancé en 2009 par la police, évoquant une dispute avec l'homme en charge des travaux de sa résidence. Ce qu'on retiendra surtout de Brian Jones, c'est qu'il fut donc le fondateur du groupe, et même son leader quand les Stones se contentaient de reprendre des standards de rythm'n'blues. Avec l'arrivée du manager Andrew Oldham qui veut faire des Stones les rivaux des Beatles, l'influence de Jones décroit au profit du tandem Jagger-Richards, capables d'écrire et composer des titres originaux, même des tubes comme Satisfaction. Brian Jones, songwriter complexé, se plie au nouveau répertoire en lui apportant son talent de multi-instrumentiste surdoué.

Brian Jones, le dandy sacrifié pour la légende des Rolling Stones

Figure charismatique du Swinging London

Mais son ego en prend un coup et le plonge dans une existence de rock star décadente, dépressive et exhibitionniste. Car, malgré sa perte d'aura au sein des Rolling Stones, Brian Jones est une figure charismatique du Swinging London, un dandy élégant et désinvolte au cœur des fêtes les plus dingues du Royaume, entouré des plus jolies filles. Keith Richards et Mick Jagger, piqués au vif par son insolence, raillent son incapacité à composer, ce qui est de fait, une réalité. Brian Jones apportera certes, sa curiosité des sons orientaux, comme le fameux sitar de Paint it Black ou le mellotron sur She's a rainbow. Mais le son des Rollings Stones n'est pas son affaire et il finira par jouer des maracas sur Sympathy for the devil, avec l'air de ne plus être au sein du groupe. C'est d'ailleurs au Maroc qu'il cherche l'inspiration en solo et enregistre un disque consacré aux musiciens de Jajouka.

C'est George Harrison qui en parle le mieux

Arrêté en possession de marijuana, Brian Jones sera évincé du groupe par les Stones en chef qui le remplacent par Mick Taylor. Un mois plus tard, Brian Jones est donc retrouvé mort. Les Stones qui doivent donner un concert gratuit à Hyde Park deux jours plus tard, en font un hommage obligé avec un envol de papillons resté dans les mémoires. Il faut bien le dire, Mick Jagger et Keith Richards n'ont jamais été tendres ensuite avec leur ancien guitariste qu'ils ont toujours décrits comme torturé et défoncé. Seul Bill Wyman, le bassiste, dira toujours beaucoup de bien de Brian Jones. Mais celui qui en parlera le mieux c'est George Harrison qui, comme par hasard, fut le 3e Beatle et l'apôtre des musiques orientales au sein de la formation de Liverpool. « Il était avec Mick et Keith et j'étais avec John et Paul. Il y avait donc une sorte de compréhension entre nous deux. Les positions étaient similaires et nous nous voyions souvent en ces temps difficiles. » Tout est dit.

 

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