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Publié par Philippe LENOIR

Super Mario Bava, maître du cinéma bis à Cinecitta

Mario Bava, maître du film d'épouvante, fondateur du giallo, génial bricoleur pop, est à l'honneur tout au long du mois de juillet à la Cinémathèque de Paris. Et ce n'est que justice pour ce maestro du cinéma bis italien. Car on l'oublie parfois, l'Italie n'est pas seulement la patrie des grands réalisateurs du néoréalisme, de la comédie sociale et du drame psychologique. De l'après-guerre jusqu'au années 70, les studios romains de Cinecitta ont produit des films de genre à la chaîne qui ont inondé le marché européen des salles de cinéma. Aujourd'hui, on se souvient surtout des westerns de Sergio Leone, mais l'Italie fut aussi très prolifique en péplums, cape et épée, aventures et donc épouvante.

Inspirateur de Scorcese, Carptenter, Burton et Tarantino

Mario Bava fut l'un de ces cinéastes talentueux qui ont donné dans tous les genres, mais qui aujourd'hui, est principalement reconnue pour avoir établi les bases du film d'horreur à l'italienne. Moins connu que Dario Argento qui fut son digne successeur, Mario Bava est pourtant celui qui a jeté les fondamentaux de la plus intéressante production européenne d'épouvante. Car cet Italien au look de fonctionnaire, s'est bâti une filmographie de premier plan grâce à sa technique imparable, sa capacité à créer des ambiances, et son talent à captiver, à effrayer et séduire le spectateur. C'était un vrai metteur en scène de studio où il pouvait expérimenter ces procédés d'illusion, ses lumières psychédéliques, son goût de l'expressionnisme, de l'érotisme, du gothique, du suspense... Un cinéma encore surprenant, car follement pop et moderne qui a inspiré les plus grands réalisateurs comme Martin Scorcese, John Carpenter, Tim Burton ou Quentin Tarantino.

Le scénario d'Alien de Ridley Scott

Ses débuts dans l'épouvante gothique inspirée des productions anglaises de la Hammer sont remarquables et donnent le frisson, à l'instar du Masque du démon (1960) ou Les trois visages de la peur (1963). Mario Bava, disciple patenté d'Alfred Hitchcock, va donc créer le thriller à l'italienne, renommé le giallo, référence à la couleur jaune d'une collection de livres policiers à bon marché. Son chef d’œuvre dans le genre sera Six femmes pour l'assassin (1964), véritable manifeste du giallo : meurtres sexuels ritualisés, fétichisme des armes blanches et des objets, érotisme des victimes, habitations vastes et effrayantes, tueur sans visage et ambiance baroque. Du cinéma maniériste et esthétique d'une beauté stupéfiante avec des acteurs qui en font toujours un peu trop dans le sadisme, la peur et la mort. Génie du bricolage, il sera aussi l'auteur de La Planète des vampires (1965), un film de science-fiction fauchée hallucinant avec trois rochers en plastique et des pistolets-chalumeaux qui va néanmoins inspirer le scénario d'Alien à Ridley Scott.

Précurseur du gore et du slasher

On adore aussi Danger :Diabolik, film d'aventures sixties entre James Bond et Fantomas avec la bombe Marisa Mell, notre Michel Piccoli national et la musique d'Ennio Morricone. Enfin, on se doit de voir La Baie Sanglante (1971), un film d'horreur en pleine nature, précurseur du gore de Massacre à la tronçonneuse et du slasher, style Halloween et Vendredi 13. Certaines séquences restent d'anthologie comme la victime blonde égorgée en courant ou le couple faisant l'amour embroché d'un seul pieu. Bref, Mario Bava est vraiment un réalisateur à revisiter, ce qui est relativement aisé, car ses meilleurs films ont fait l'objet de rééditions soignées en DVD et Blu-Ray. Ceux qui sont sur Paris en juillet ont vraiment intérêt à voir un de ses films sur grand écran à la Cinémathèque.

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