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Publié par Philippe LENOIR

Philippe Zdar, moitié de Cassius, au paradis de la French Touch

Philippe Cerboneschi, dit Zdar, vient de décéder dans des conditions peu banales, puisqu'il est tombé accidentellement par la fenêtre du 3e étage de son appartement de Montmartre. Une mort absurde pour un personnage humble, discret et singulier, membre respecté de la fameuse French Touch, ce mouvement musical, entre hip hop, électro, disco et techno, qui a fait fureur dans le monde entier dans les années 90 et 2000. Zdar était surtout connu comme étant la moitié du duo Cassius, outsiders de cette scène française dont les héros, pour le grand public, sont Daft Punk Coïncidence troublante, une autre figure de la French Touch, artiste du label Ed Banger comme Cassius, DJ Mehdi, est mort en tombant de son appartement après l'effondrement de sa mezzanine en 2011.

Un tube avec application pour iPhone

De plus, Cassius sort son nouvel album ce 21 juin. Et du coup Zdar et son alter ego Hubert Blanc-Francard dit Boom Bass, étaient en campagne de promotion intensive depuis quelques jours. Un vrai coup du sort pour un artiste réputé dans le milieu musical, mais dont le grand public découvre le nom à la suite de sa disparition. Pourtant, a contrario de Daft Punk qui a fait de son anonymat un puissant outil de marketing, Cassius a toujours joué à découvert. Mais leur posture de DJ's inventifs collés à leurs platines les a cantonnés aux seconds rôles cultes, ce qui n'était pas pour leur déplaire. Car même s'ils ont animé les sets les plus en vue d'Ibiza à l'égal de David Guetta, les deux amis préféraient le calme authentique du nord de l'île des Baléares pour y passer leurs vacances, plutôt que les spots show off d'Eivissa ou San Antonio où se pressent les clubbers du monde entier. Pourtant, Cassius a bien connu le succès, avec I love U so qui devint populaire grâce à une application pour iPhone présente dans le clip.

Des Beasties Boys à Franz Ferdinand

Philippe Zdar était surtout une figure parisienne, lui qui a pourtant vécu sa jeunesse en Savoie. Comme bon nombre de provinciaux montés à la capitale, il était devenu un vrai parigot qui vivait au pays d'Amélie Poulain, avec son appartement rue Caulaincourt et son studio d'enregistrement baptisé Motorbass, situé rue des Martyrs. Car Philippe Zdar, membre fondateur de la French Touch, était devenu un producteur influent. A tel point que le prestigieux New York Times pouvait lui consacrer un portrait en dépêchant un envoyé spécial à Montmartre dans un studio où les Beasties Boys, The Rapture, Franz Ferdinand sont venus chercher le son analogique et artisanal de Zdar. Car en jeune homme des années 80 et 90, Philippe Zdar a été éduqué au métal, au punk, au disco, au hip hop et à la pop enregistrés sur bandes magnétiques avant que le numérique compresse la musique sur des rondelles de métal.

Les premiers tubes de Solaar

Il apprit les bases du métier avec Serge Gainsbourg et Étienne Daho (excusez du peu), avant d'inventer la fameuse ligne de basse de Bouge de là, le premier tube de Solaar. Il sera également à l'origine du sample de Bonnie & Clyde de Nouveau western pour le même Solaar. Ce qui lui permettra de travailler ensuite avec Matthieu Chédid, Sébastien Tellier ou Cat Power pour atteindre l'apogée de sa carrière en produisant Phoenix, le quatuor versaillais de la French Touch qui va séduire l'Amérique. Zdar y récoltera un Grammy de producteur indépendant pour avoir réaliser Wolfgang Amadeus Phoenix. On l'aura donc compris, sa mort accidentelle à 52 ans a déjà fait le tour du monde,notamment en Angleterre, aux États-Unis et à Ibiza où il était sans doute plus reconnu qu'en France. Soit l'inverse de Johnny Hallyday avec qui il partageait néanmoins le même manager, Sébastien Farran, qui a annoncé son décès dans un communiqué qui a stupéfait le monde de la musique.

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