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Publié par Philippe LENOIR

Cabourg s'est forgé la réputation d'être la station balnéaire des amoureux. Jusqu'au 16 juin, elle accueille le festival du cinéma romantique où seront décernés les Swann d'or, référence à Marcel Proust qui séjournait à Cabourg et qu'il transforma en Balbec dans sa Recherche du temps perdu. A cette occasion, voici nos cinq plus grands films d'amour de l'histoire du 7e Art.

Nos cinq films romantiques  :Casablanca, Elle et Lui, Vertigo, Les Parapluies de Cherbourg et Sur la route de Madison

Casablanca de Michaël Curtiz (1942)

Un film à la hauteur de sa légende, un classique inusable qui raconte les retrouvailles entre Rick, patron mélancolique d'un café américain de Casablanca et Ilsa, l'épouse d'un chef de la Résistance qui cherche à fuir le régime nazi. Humphrey Bogart et Ingrid Bergman pris dans le tourbillon de l'Histoire, vont-ils sacrifier leurs idéaux pour vivre leur passion amoureuse ? Dans un Maroc à l'exotisme factice, ce film de guerre sans combat, se déroule dans le lieu unique du café où va se jouer le dilemme qui torturent les deux anciens amants. Que dire des deux acteurs dont l'interprétation est prodigieuse. Humphrey Bogart en faux cynique sentimental, y trouve le rôle le plus subtil de son immense carrière. Quant à Ingrid Bergman, elle excelle dans l'hésitation qui la déchire entre son combat contre le nazisme et l'homme qu'elle a déjà quitté une fois. La scène finale sur le tarmac de l'aéroport avec les regards échangés entre les deux amoureux, possède une force émotionnelle intacte. A vous briser le cœur...

Nos cinq films romantiques  :Casablanca, Elle et Lui, Vertigo, Les Parapluies de Cherbourg et Sur la route de Madison

Elle et lui de Leo McCarey (1957)

Tous ceux qui ont eu la chance de monter au sommet de l'Empire State Building de New York pensent à King Kong. Et certains moins nombreux, ont en tête Elle et Lui, comédie romantique subtile et élégante avec Cary Grant et Deborah Kerr. Elle, c'est Terry, lui, c'est Nickie. Ils se rencontrent sur un paquebot de croisière qui part d'Europe pour rejoindre l'Amérique où ils sont promis à des mariages d'argent. Pendant la traversée, les deux solitaires vont tomber amoureux. A leur arrivée à New York, ils se donnent six mois pour savoir si leur amour est solide et le cas échéant renoncer au mariage qui les attend. Alors ils se retrouveront au sommet de l'Empire State Building. Ce n'est pas un secret de révéler que l'un des deux ne sera pas au rendez-vous. Le film démarre comme une pure comédie sophistiquée avec deux acteurs au sommet de leur séduction, puis se teinte de gravité lors d'une escale sur la Côte d'Azur pour chavirer en mélo déchirant. Le film est une merveille d'équilibre, un hymne bouleversant à l'amour et servira de matrice par ces ruptures de ton, ses dialogues étincelants et le glamour de ses acteurs, aux comédies romantiques hollywoodiennes qui y feront maintes fois référence.

Nos cinq films romantiques  :Casablanca, Elle et Lui, Vertigo, Les Parapluies de Cherbourg et Sur la route de Madison

Vertigo d'Alfred Hitchcock (1958)

Vertigo n'est pas un grand film d'amour, car c'est un grand film tout court. Mais rarement Alfred Hitchcock se laissera entraîner dans un tel romantisme, si l'on excepte Rebecca ou Les Enchaînés. Le maître y conserve sa rigueur géométrique et son sens du suspense pour maîtriser son énigme policière. Mais le film se révèle surtout comme l'histoire d'un détective privé qui tombe fou amoureux de celle qu'il est chargé de surveiller. Dans les rues de San Francisco, la déambulation de Scottie joué par James Stewart pour suivre Madeleine interprété par Kim Novak, est filmée comme un poème romantique fascinant. Dans le regard de James Stewart, on comprend au fil du scénario, qu'il devient obsédé par la beauté mystérieuse de Kim Novak. Hitchcock, plus fétichiste que jamais, fait de Madeleine un pur fantasme en jouant de sa blondeur glaçante, de son chignon en spirale, de son tailleur gris au musée, ou de son manteau blanc dans une forêt aux arbres immenses. L'histoire devient encore plus déchirante quand Scottie qui n'a pu empêcher le suicide de Madeleine, rencontre Judy et lui impose de se transformer en celle qu'il a aimé. Un amour mortifère entré dans la légende davantage que le dénouement de son intrigue.

Nos cinq films romantiques  :Casablanca, Elle et Lui, Vertigo, Les Parapluies de Cherbourg et Sur la route de Madison

Les parapluies de Cherbourg de Jacques Demy (1964)

Le film est resté célèbre par la musique de Michel Legrand et la mise en scène aux mille nuances de couleurs de Jacques Demy. Les parapluies de Cherbourg est, c'est vrai, un grand film d'amour romantique, mais aussi une histoire d'un pessimisme forcené. Le spectacle est féerique, surtout dans sa première partie avec l'amour naissant entre Geneviève, fille d'une commerçante de parapluies et Guy,ouvrier dans un garage . Catherine Deneuve et Nino Castelnuovo symbolisent une jeunesse romantique qui croit à l'amour sincère et éternel. Le film, comme toute comédie musicale à l'époque, se présente donc comme un enchantement, même si certains indices indiquent que les décors pimpants, la beauté des amoureux et le lyrisme de la musique, dissimulent une tragédie à venir. Comme le dit un ouvrier au début du film : « tous ces gens qui chantent, moi tu comprends, ça me fait mal. » Ce mal qui s'annonce, c'est la guerre d'Algérie qui va séparer les deux amoureux dans une scène déchirante sur le quai de la gare de Cherbourg. Le film symbolise que l'amour est fragile face au temps qui passe, à l'éloignement, à la différence des classes sociales... La scène finale dans le garage sous la neige fracasse tous les idéaux romantiques et pourtant Les parapluies reste un grand film d'amour. A pleurer de dépit.

Nos cinq films romantiques  :Casablanca, Elle et Lui, Vertigo, Les Parapluies de Cherbourg et Sur la route de Madison

Sur la route de Madison de Clint Eastwood (1995)

Il s'agit d'une brève rencontre, quatre jours hors du temps, qui vont unir un photographe qui couvre un reportage sur les ponts couverts de l'Iowa et une femme au foyer délaissée par son mari et ses enfants, partis à une foire aux bestiaux. Une histoire d'amour entre deux êtres dans la force de l'âge, deux solitudes dont les univers sont aux antipodes. Dans cette campagne de l'Iowa dans les années 60, cette idylle se révèle bouleversante par le jeu intense de deux acteurs. Clint Eastwood fend l'armure comme jamais et son visage défait sous la pluie lors de la séparation est bouleversant. Mais c'est Meryl Streep qui remporte la mise dans le plus beau rôle de sa carrière. Chacun de ses gestes, de ses frémissements, de ses regards sont renversants d'émotion. Sur la route de Madison use des ficelles du mélodrame, surtout dans son dénouement qui a fait pleurer des millions de spectateurs. Pourtant, le film est surtout attachant par sa simplicité : ses conversations dans la cuisine, ses promenades bucoliques, sa scène de bain pris à deux, cette manière de passer la main sur l'épaule de l'autre... Toute cette intimité fugace qui unit ce couple pour l'éternité.

 

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