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Publié par Philippe LENOIR

Pour célébrer la fête des pères, voici nos cinq films indispensables sur ce personnage central qui, avouons le, n'a pas toujours le beau rôle

Au nom du père au cinéma : Le kid, Celui par qui le scandale arrive, Le parrain, L'empire contre-attaque, A nos amours

Le Kid de Charles Chaplin 1921

Charlot découvre un bébé abandonné dans la rue et décide de le recueillir. Cinq ans plus tard, le gamin participe, pour survivre, aux petits délits de son père adoptif. L'enfant casse les vitres des habitations et Charlot, vitrier passe, quelques instants plus tard Un classique du muet indémodable, drôle et émouvant. Entre la star et le jeune Jackie Coogan, l'osmose était tellement parfaite qu'elle transparaît dans le film. Tel père, tel fils, même en l'absence des liens du sang. Mais c'est dans les scènes où l'enfant est retiré à son père adoptif par les services sociaux que le film atteint son apogée. Charlot se démène comme un beau diable pour récupérer sa progéniture, tandis que l'enfant hurle pour revoir son père. Un chef d'œuvre que certains considèrent comme le film le plus personnel de Chaplin, car inspiré de sa propre enfance. C'est aussi la seule fois où Charlie Chaplin se fait parfois voler la vedette par son jeune partenaire. Avec le consentement du maître.

Au nom du père au cinéma : Le kid, Celui par qui le scandale arrive, Le parrain, L'empire contre-attaque, A nos amours

Celui par qui le scandale arrive de Vincente Minelli (1960)

Un mélodrame psychologique intense et flamboyant réalisé par Vincente Minelli dans lequel un riche propriétaire terrien du Texas interprété par l'immense Robert Mitchum, règne en tyran domestique. Il mène la vie dure à Theron, son fils légitime (George Hamilton) qui se lie d'amitié avec Rafe (George Peppard), l'un des employés du domaine familial, qui se trouve être son demi-frère non reconnu. Les deux frères vont vivre une relation amoureuse avec la même femme, ce qui va entraîner le film dans le drame. Minelli impose une mise en scène élégante et flamboyante, des séquences qui ressemblent à des toiles de maître pour mieux cerner les violences, les frustrations et les humiliations des personnages. La scène la plus mémorable du film est une intense chasse au sanglier où la nature prend des allures fantastiques. Robert Mitchum en patriarche dominateur, exécrable et frustré, tient là l'un de ses plus beaux rôles.

Au nom du père au cinéma : Le kid, Celui par qui le scandale arrive, Le parrain, L'empire contre-attaque, A nos amours

Le parrain de Francis Ford Coppola 1972

Marlon Brando a tellement vampirisé le rôle de Don Corleone qu'il est devenu la figure centrale de ce premier épisode de la saga mafieuse réalisée par Francis Ford Coppola. Alors qu'il disparaît à la moitié du film laissant ses enfants se disputer l'héritage du clan. Enfin ses fils légitimes, Sonny, Michaël et Fredo, l'avocat adopté Tom et la fille Connie. Du coup, c'est bien dans la première partie du Parrain que l'on comprend comment le patriarche domine et influence sa famille. Dans la scène d'ouverture qui correspond au mariage de Connie, Don Corleone ouvre le bal sous un soleil radieux et préside une réunion dans l'obscurité de son bureau. Dans l'ombre ou la lumière, le patriarche impose son autorité avec peu de gestes, une voix douce et un regard las. Jusqu'à la fin de la saga, Michaël Corleone qui lui succédera, n'aura de cesse de poursuivre l'œuvre du père, allant jusqu'au péché de fratricide qui le hantera jusqu'à sa mort.

Au nom du père au cinéma : Le kid, Celui par qui le scandale arrive, Le parrain, L'empire contre-attaque, A nos amours

Star Wars 5 :L'empire contre-attaque de Irvin Kershner 1980

Réputé pour être le meilleur de la saga intergalactique de George Lucas, c'est dans cet épisode que Dark Vador révèle sa filiation à Luke Skywalker avec la fameuse phrase : « je suis ton père. » C'est sans doute grâce à cette scène que L'empire contre-attaque reste le film préféré des fans. Car au delà des péripéties spatiales, c'est bien dans cette scène que Star Wars fonde sa mythologie, celle d'une tragédie familiale où le père et le fils se combattent dans une lutte sans merci. Surtout, elle offre à Dark Vador, le rôle le plus emblématique, la phrase la plus célèbre et le look le plus reconnaissable de la saga alors qu'il est, de tous les personnages principaux, celui qui occupe le moins de temps l'écran. La figure du père absent qui a succombé au pouvoir maléfique est le coup de génie de Lucas. Quarante ans plus tard, c'est ce mystère irréductible qui fait que des millions de gens à travers le monde veulent toujours en savoir plus sur la famille Skywalker.

 

Au nom du père au cinéma : Le kid, Celui par qui le scandale arrive, Le parrain, L'empire contre-attaque, A nos amours

A nos amours de Maurice Pialat 1983

Le film est le portrait subtil de Suzanne, une adolescente de quinze ans qui fait la découverte de l'amour avec Sandrine Bonnaire dans son premier rôle. Maurice Pialat, le réalisateur, se donne le rôle du père de Suzanne, un artisan fourreur capable de la plus grande douceur comme de la plus extrême sévérité. Dans sa veine naturaliste, Maurice Pialat s'impose dans des scènes d'une grande force, car elles semblent si vraies. En tête à tête avec sa fille, il se montre doux et complice, s'émerveillant des fossettes de Suzanne quand elle sourit. Plus tard, il lui dira qu'elle ne saura jamais aimer personne, une prophétie qu'il déclare avec une tendresse fataliste. Et puis il y a la scène du repas qui déraille à cause du père qui revient au sein du foyer familial à l'improviste et balance ses quatre vérités à tout le monde. Comme un autoportrait de Pialat, metteur en scène paternaliste, capable de la plus grande douceur comme de la plus extrême brutalité.

 

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