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Publié par Philippe LENOIR

Trente ans de Disintegration : The Cure de nostalgie

Quel âge peut donc avoir Robert Smith ? Mon dieu, il vient de fêter ses soixante ans. Toujours du khôl autour des yeux, les lèvres peintes en rouge, le teint blafard, vêtu de noir, notre corbeau new wave préféré des années 80 n'a pas tant bougé, si l'on excepte une chevelure clairsemée et grisonnante, mais l'essentiel est qu'elle reste ébouriffée. Au moins une pop star sans perruque !. Regardez Elton John, plus il vieillit, plus sa chevelure est abondante. Pour les jeunes générations, cela ne parle peut-être pas, mais le look de Robert Smith fut l'un des derniers à avoir influencé les enfants du rock de la dernière partie du XXe siècle. Même Edward aux mains d'argent doit tout au chanteur de The Cure.

Alors pourquoi vous parle-t-on de The Cure aujourd'hui ? Parce que le 30 mai, le groupe britannique donne un concert à l'Opera House de Sidney pour célébrer les trente ans de la sortie de l'album Disintegration, diffusé en direct sur Facebook et Youtube. Du coup, on a ressorti le CD du tiroir où il dormait depuis de longues années et on l'a placé dans la chaîne qu'on n'utilise plus vraiment. Et voilà que le son de nos golden eighties nous revient en mémoire. Ses plages de synthés atmosphériques, ce son de guitare si particulier et la voix gémissante de Bob l'hirsute gothique au sommet de son art. Celui-ci venait donc d'avoir trente ans et dominait la scène pop depuis presque une décennie.

Pour les exégètes du rock, Disintegration apparaît comme le chant du cygne de The Cure qui, en 1989, est à son sommet de popularité et de créativité. Après deux albums The head on the door (1985) et Kiss me, Kiss me, Kiss me (1987), petits bijoux de pop plutôt légère qui font de The Cure un groupe qui remplit les stades, Disintegration se veut un disque plus sombre, plus mélancolique, plus dépressif. Robert Smith met la barre au plus haut, celle de Pornography, son chef d’œuvre cold wave de 1982. A l'époque, la Cure mania, notamment en France, bât son plein, le groupe enchaînant les tubes comme Close to me, Just Like Heaven, In Betweeen Days... Dans le même temps, des chansons plus anciennes comme A forest ou Boys don't cry sont redécouvertes par des fans en transe.

Malgré tout, Disintegration est un disque moins désespéré qu'on ne le dit parfois. C'est une somme de chansons qui balaie l'univers gothique de The Cure, c'est-à_dire qu'il opte pour le merveilleux, le fantastique, la poésie qui ont façonné l'univers de Robert Smith. Curieusement, Lullaby, le tube claustrophobique de l'album devenu un gold, n'est pas significatif de l'album, ni Lovesong, l'autre hit, qui prolonge l'esprit pop du groupe anglais. La plupart des chansons évoque avec justesse le sentiment amoureux, l'angoisse du temps qui passe, les regrets et les premiers désenchantements avec d'envoûtantes guitares et notes de synthés qui appellent à la réflexion plus qu'à la dépression. Une disque de pop-rock new wave équilibré, courroie de transmission entre la jeunesse incandescente et la maturité mélancolique. C'est vrai qu'ensuite The Cure va lentement tomber de son piédestal, se résumant inexorablement à son chanteur charismatique. Pour info, le groupe sera à l'affiche de Rock en Seine le 23 août pour sa seule date française des festivals européens de l'été. En attendant, réécoutez Disintegration et tous les disques de The Cure des années 80.

En vidéo, deux titres de Disintegration : Lovesong et Fascination Street

 

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