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Doris Day, la blonde rassurante de l'Amérique

Avec la disparition de Doris Day à 97 ans, c'est un pan de l'âge d'or d'Hollywood qui fout le camp. Car l'actrice injustement oubliée, fut la star emblématique du studio Warner des années cinquante où elle tourna une bonne dizaine de comédies musicales. Sa popularité était immense, fut élue l'actrice la plus populaire des USA et la vedette féminine la mieux payée du cinéma hollywoodien pendant une décennie.

Aujourd'hui, sa postérité se résume à son rôle dans L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock et de son interprétation de la chanson du film, le célèbre Que sera sera. Pourtant sa performance dans cet excellent Hitchcock est à saluer, jouant à la perfection la mère sous tension, mais toujours en capacité de se maîtriser par rapport à l'enlèvement de son fils. Sans doute la blonde la plus naturelle du maître du suspense, la moins machine à fantasme sexuel, ce qui nuira forcément à sa réputation.

C'est vrai que Doris Day incarne plutôt la blonde américaine rassurante, pétillante, asexuée de l'American way of life d'après-guerre, loin du sex-appeal ravageur de Marylin Monroe. Chanteuse de music-hall où elle croise Frank Sinatra ou Bob Hope, Doris Day sera à la Warner la reine du musical, une époque où c'est à la MGM que l'on tourne les chef d’œuvres du genre. C'est Michaël Curtiz, le réalisateur de Robin des Bois et Casablanca, qui la propulsa au sommet de la comédie musicale avec quatre films oubliés aujourd'hui, mais de très bonne facture. Son plus grand succès sera La blonde du Far West où elle incarne Calamity Jane. Doris Day dira que c'était son meilleur rôle, ce qui reste vraiment à vérifier.

A l'issue de son contrat avec la Warner, Doris Day étoffe son jeu, notamment avec Alfred Hitchcock. Elle jouera enfin devant la caméra d'un grand réalisateur de comédies musicales en la personne de Stanley Donen dans l'excellent Pique-nique en pyjama où l'actrice joue une syndicaliste dans une usine de confection de pyjamas qui réclame des augmentations pour les ouvrières. Jean-Luc Godard y décèlera la première comédie musicale gauchiste à Hollywood. Dans les années 60 qui amorce le déclin du film musical, Doris Day se spécialise dans la comédie romantique où elle excelle avec des partenaires comme James Garner, Cary Grant ou Clark Gable. Mais ce sont ses films avec Rock Hudson qui vont marquer l'histoire avec Confidences sur l'oreiller pour lequel elle sera nominée à l'Oscar, un film furieusement sixties avec ses écrans partagés très en vogue et ses quiproquos à sous-entendus sexuels. Le couple se formera trois fois avec une autre franche réussite Un pyjama sur deux.

Doris Day jouera ensuite dans quelques comédies d'espionnage avant de devenir la star de sa série télévisée, ce qui ne se faisait assez peu à l'époque. Elle fera néanmoins l'erreur de refuser le rôle de Mrs Robinson dans Le Lauréat, mais peut-on imaginer Doris Day en train de dépuceler un adolescent ? Ensuite, la blonde militera pour la cause animale avant de vivre en recluse dans sa villa californienne. On conservera en souvenir son rôle chez Hitchcock, comment pourrait-il en être autrement, mais ces sex-comédies avec Rock Hudson méritent aussi d'être redécouverts pour leur vivacité et leur drôlerie.

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